Par l’Acte de Navigation le mercantilisme est érigé en système
L’Acte de Navigation passé par le Parlement et approuvé par la Couronne britannique, le 1er octobre 1651, érige en véritable système mercantiliste les relations commerciales entre la Grande-Bretagne, les autres nations et ses colonies. Non seulement celles-ci contribueront à renforcir l’économie de leur métropole, mais encore ces mesures législatives auront-elles pour conséquence de mettre un terme au monopole commercial de la Hollande. L’attitude économique anglaise des dix dernières années trouve donc ici sa consécration.
Déjà en octobre 1650, le Parlement anglais avait interdit aux navires étrangers le commerce avec ses colonies sans un permis spécial; l’année suivante, on ajoutait que toutes marchandises transportées d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique, en Angleterre, en Irlande ou dans les colonies, devaient l’être par des navires anglais, c’est-à-dire montés par un équipage composé en majorité d’Anglais et commandés par ces derniers. Les marchandises européennes pouvaient exceptionnellement se transporter par des navires du pays concerné. Dans tous les cas, le commerce devait se faire en ligne directe et sans intermédiaire. Particulièrement dans le cas des pêcheries. Le cabotage était aussi interdit aux vaisseaux étrangers.
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Même si la plupart des colonies, au nom de la liberté du commerce, veulent maintenir leurs relations avec la Hollande, la métropole anglaise n’entend nullement faire marche arrière. À preuve l’Acte de Navigation d’octobre dernier qui maintient cette politique et laisse entendre qu’on veut poursuivre les efforts de Cromwell pour doter l’Angleterre d’une marine puissante et enlever aux mécontents lieu de protester.
Dorénavant seuls les navires anglais (et montés aux trois quarts par un équipage anglais) auront accès aux colonies pour faire le commerce. De plus les articles ci-après énumérés ne pourront se transporter qu’en Angleterre ou dans d’autres colonies. Il s’agit du sucre, du tabac, de l’indigo, de la ouate, du gingembre et du bois de teinture. Aux yeux des Anglais, les Colonies doivent devenir des entreprises plus lucratives. Tout comme des plantations destinées à leur fournir les produit qui leur manquent pour se passer de la France, du Portugal, de la Suède, de la Moscovie, etc. D’autre part, tenir lieu de marché pour écouler leurs produits fabriqués. La transformation des matières premières en produits finis demeure l’affaire de la métropole.
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.
