Histoire du Québec

Héraclès, Sémiramis et Akhenation

Héraclès, la reine Sémiramis et Akhenaton

Héraclès

Héraclès en grec signifie gloire d’Héra. Pour le concevoir, Zeus s’unit à Alcmène après avoir emprunté les traits de son époux.

Lasse des infidélités de son mari, Héra dépêcha deux serpents pour étouffer l’enfant. Mais celui-ci, à peine né, eut déjà la force de tuer les reptiles.

Une fois qu’il fut adulte, Héra, qui le détestait depuis sa naissance, le rendit fou. Dans un accès de démence, Héraclès tua huit de ses propres enfants. Revenu à la raison, il voulut se purifier et alla consulter les oracles de Delphes. La Pythie lui annonça qu’il lui faudrait se mettre à la disposition de son tyrannique cousin Eurysthée pendant douze ans et accomplir tous les travaux qu’il lui réclamerait.

  1. Héraclès combat le lion de Némée à la peau dure comme une carapace. Sa massu, ses flèches et son épée n’ayant aucun effet sur la bête, il l’étrangle de ses mains nues.
  2. Il tua l’Hydre de Lerne, monstre au corps de chien et aux neuf têtes de serpent.
  3. Il captura la Biche de Cérinye. L’animal aux sabots d’airain et aux cornes d’or avait échappé à la déesse Artémis lorsqu’elle était enfant.
  4. Il emprisonna le sanglier d’Érymanthe.
  5. Il nettoya les écuries d’Augias.
  6. Il extermina les oiseaux du Stymphale.
  7. Il captura le taureau de Crète.
  8. Il tua les juments de Diomède, roi de Thrace, qui nourrissait ses chevaux de la chair de ses invités.
  9. Il obtint la ceinture d’Hippolyte, reine des Amazones.
  10. Il vola le troupeau de Géryon, réputé homme le plus fort de la Terre.
  11. Il cueillit des pommes d’or du jardin des Hespérides. Ces fruits étaient ceux du pommier offert par Gaïa à Héra à l’occasion de son mariage avec Zeus.
  12. Il captura le chien monstrueux Cerbère. Cette douzième mission, la plus difficile, consista à ramener le chien Cerbère des Enfers d’Hadès. Pour y parvenir,

Héraclès fut initié aux mystères d’Eleusis par Musée, fils d’Orphée, afin de pouvoir s’introduire dans les mondes souterrains des morts.

Pour mener à bien ses 12 travaux, il n’a fait finalement que tuer, duper, tromper. Il a assassiné son enfant, massacré des amazones, dérobé des trésors.

« Ceux qui ont créé les mots croyaient au délire. » Platon, philosophe grec. Image : © Megan Jorgensen.

« Ceux qui ont créé les mots croyaient au délire. » Platon, philosophe grec. Image : © Megan Jorgensen.

La Reine Sémiramis

À partir de l’an 3500 av. J.-C., les Indo-Européens envahissent le royaume sumérien. Les Hittits, les Louvites, les Scythes, les Cimmériens, les Mèdes, les Phrygiens, les Lydiens s’y déchirèrent, créant des royaumes éphémères à leur tour submergés.

Aux alentours de l’an 700 av. J.-C., un de ces groupes d’Indo-Européens, les Assyriens, parviendra à créer par la terreur un royaume stable. Une jeune fille y connaîtra un destin extraordinaire. Née sur les bords de la Méditerranée, près de l’actuelle Ashkelon, en Israël, elle se retrouva abandonnée dans le désert, nourrie par des colombes (selon la légende qu’elle écrira elle-même plus tard), puis recueillie par des bergers. Elle séduisit et épousa Pannes, le gouverneur de la Syrie, qu’elle accompagna jusqu’à son souverain. Là elle charma le roi Ninus, devint reine d’Assyrie sous le nom de Sémiramis, fît empoisonner son mari et lui dédia un immense mausolée. Dès lors, la reine Sémiramis régna en paix à la tête d’un des plus grands empires de son temps. Elle étendit Babylone sur l’Euphrate puis entreprit la construction de monuments fastueux dont les célèbres « jardins suspendus » considérés comme l’une des sept merveilles du monde antique. Mais, son appétit de gloire n’étant pas rassasié, la reine Sémiramis se lança dans des conquêtes militaires qui la conduiront à s’emparer de l’Egypte, la Médie, la Libye, la Perse, l’Arabie et l’Arménie. Parvenues au bord de l’Indus, ses armées seront finalement vaincues par les Indiens.

Après avoir régné quarante-deux ans sans partage, et bâti l’un des premiers grands empires militaires, culturels et artistiques, la reine Sémiramis s’effaça au profit de son fils Ninias.

Les rois qui lui succéderont, n’ayant que mépris pour les femmes, effaceront progressivement les traces de son règne pour faire oublier qu’une reine avait mieux réussi qu’eux.

Akhenaton

II se nommait Aménophis IV mais se fit appeler Akhenaton, ce qui signifie « celui qui plaît à Aton», le dieu du Soleil. Premier pharaon monothéiste, il régna de 1372 à 1354 av. J.-C.

Les rares statues préservées qui le représentent montrent un homme de haute taille, le visage oblong, les yeux en amande, le regard serein, les lèvres charnues, le menton prolongé par une barbe tubulaire.

Son épouse, Néfertiti, est souvent représentée à ses côtés avec une coiffe pharaonique, prouvant que le roi lui avait octroyé un statut égal au sien. Il semblerait qu’elle ait été à l’origine de sa volonté de réforme.

Akhenaton se lança dans une politique de modernisation de la société égyptienne, créant un nouvel empire. Il détrôna la principale divinité égyptienne, Amon-Rê, dieu à tête de bélier, pour le remplacer par Aton, dieu du Soleil, dont il fit un dieu unique. Ce rut une révolution religieuse doublée d’une révolution politique.

Le pharaon enleva à la ville d’Ouaset (plus tard appelée Thèbes par les Grecs), vouée au dieu Amon, son statut de capitale pour en doter Akhetaton, dédiée au dieu Aton (aujourd’hui Tell Al Armana).

Le mot « aton » signifiait lumière et chaleur mais aussi la justice et l’énergie de vie qui parcourt l’univers. Akhenaton fit participer à son gouvernement des Nubiens et des Hébreux. « Aton » est sans doute issu de l’hébreu « adon », Adonaï étant l’appellation de Dieu en cette langue. Côté artistique, l’heure était au réalisme avec, pour la première fois, des représentations de la vie quotidienne et de scènes familiales, très éloignées des batailles et des scènes religieuses qui avaient jusqu’alors inspiré les peintres. L’élite adhéra rapidement à cette notion d’« un seul et grand dieu » remplaçant un panthéon de dieux spécialisés. Sous Akhenaton, l’influence de l’empire égyptien s’étendit de l’actuelle Ethiopie au sud de la Turquie. Le pharaon se fit construire un tombeau dont l’axe permettait aux rayons du soleil d’illuminer l’ensemble du monument.

Cependant, la guerre était à ses portes. De Byblos (actuellement au Liban), le prince Rib Addi envoya des appels de détresse, son royaume étant attaqué par les nomades du désert. Trop occupé à édifier sa capitale et gérer son royaume, Akhenaton ne répondit pas. Il ne réagit pas non plus lorsque après les Khabiris, des Indo-Européens, les Hittites, s’en prirent à ses villes septentrionales. Lorsque Damas, Qadnesh et Qatna tombèrent aux mains des envahisseurs, il se décida enfin à dépêcher son armée mais il était déjà trop tard.

Profitant de ces échecs militaires, les prêtres d’Amon osèrent alors accuser le pharaon monothéiste d’hérésie. En 1340 av. J.-C. le général Ahoreb lança un coup d’Etat militaire. Akhenaton fut assassiné et Néfertiti contrainte de se convertir au culte du dieu à tête de bélier.

La nouvelle capitale fut rasée et les représentations du « pharaon hérétique » détruites, à de rares exceptions près. Toutes les références au nom d’Akhenaton furent effacées des hiéroglyphes.

Par Bernard Werber. Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, Tome V.

Au centre de la haute façade gothique du Palais, le grand escalier, sans relâche remonté et descendu par un double courant qui, après s’être brisé sous le perron intermédiaire, s’épandait à larges vagues sur ses deux pentes latérales, le grand escalier, dis-je, ruisselait incessamment dans la place comme une cascade dans un lac (Notre Dame de Paris). Photographie de Megan Jorgensen.

Au centre de la haute façade gothique du Palais, le grand escalier, sans relâche remonté et descendu par un double courant qui, après s’être brisé sous le perron intermédiaire, s’épandait à larges vagues sur ses deux pentes latérales, le grand escalier, dis-je, ruisselait incessamment dans la place comme une cascade dans un lac (Notre Dame de Paris). Photographie de Megan Jorgensen.