Histoire du Québec

Wemotaci

Réserve indienne Wemotaci (Weymontachie)

La municipalité de Wemotaci est une Réserve indienne (unité administrative au Québec), située en Mauricie. Wemotaci (toponyme officiel, répertorié dans le site web du Ministère des Affaires municipales et régions du Québec) ou Weymontachie (désignation commune) couvre une superficie d’environ 33 kilomètres carrés. La population de la municipalité est d’à peu près mille résidents, des Amérindiens Atikamek. La réserve indienne de Wemotaci ne fait partie de la MRC, étant une unité administrative et territoriale autochtone.

Au total, il y a deux communautés amérindiennes en Mauricie, formant des unités administratives: Wemotaci et Obedjiwan.

Wemotaci se trouve dans la région du Haut-Saint-Maurice, à mi-chemin entre les secteurs de La Tuque et de Parent.

Les Atikameks ont vécu sur le territoire du Haut-Saint-Maurice depuis des siècles. Selon les rapports des missionnaires, rédigés dans les années 1630, environ 550 Atikameks occupaient ces terres. Ce peuple était nomade et il était en guerre permanente avec les Iroquois. Il semble que cette guerre, ainsi que des épidémies de variole apportées par les colons français furent la cause de l’anéantissement presque complet de ce peuple vers la fin du XVIIIe siècle.

Plus tard, quand vint l’époque de l’exploitation forestière et de la drave, les Atikameks (ou les Têtes-de-boule comme on les appelle à l’époque) constituent une main-d’oeuvre très prisée en raison de leur connaissance approfondie de la forêt et de leur peu d’exigences. C’était une époque particulièrement cruelle pour le peuple Atikamek.

Au XXe siècle, un grand nombre de barrages hydroélectriques sont construits en Mauricie, ce qui produit un impact négatif sur la faune et la flore de la région. Heureusement, aujourd’hui on s’efforce de réparer ces dommages causés à la nature.

L’économie actuelle des habitants de Wemotaci est basée sur la coupe du bois. L’exploitation forestière est la principale source d’emplois. De plus, l’art et l’artisanat apportent quelques revenus d’appoint surtout pour les femmes. On fabrique des objets d’écorce, de fourrure, de bois: paniers, sculptures, chaussures, chapeaux, ustensiles, etc.

Le potentiel touristique de Wemotaci n’est pas encore bien exploité, mais dès 1993, le Triangle du Nord, un sentier de 1 300 kilomètres a été inauguré, traversant les terres indiennes. Des centres de tourisme ethnoculturel se développent, des routes d’accès se construisent ce qui doit assurer le développement économique de la communauté.

Pour rejoindre la municipalité de Wemotaci, il faut contacter le Secrétariat des affaires autochtones du Québec : saa.gouv.qc.ca.

Weymontachie, note historique

Certaines sources prétendent que la Compagnie du Nord-Ouest a pu établir, entre 1770 et 1780, un poste de traite à cet endroit sur le haut Saint-Maurice, à environ 100 km au nord-ouest de La Tuque. Mais le doute subsiste quant à cette possibilité et on doit attendre à 1806 avant d’obtenir une confirmation de l’existence d’un poste de traite à Weymontachie. Cette année-là, en effet, la compagnie confie à Jean-Baptiste Perrault le soin d’y construire les premières installations nécessaires au commerce des fourrures. La Compagnie de la Baie d’Hudson prit la relève en 1821 et s’y maintint jusqu’en 1939. Il semble que les Attikameks (ou Têtes-de-Boule), dont la Haute-Mauricie constituait le territoire de chasse, no commencèrent à se sédentariser à Weymontachie qu’au début du XXe siècle. La construction d’un barrage avait amené des Blancs à s’installer à Sanmaur, juste en face, sur l’autre rive du Saint-Maurice, et la naissance du nouveau village avait attiré les autochtones. Il faut cependant préciser que des opérations d’arpentage des terres de la réserve avaient déjà été effectuées en 1895. Quoi qu’il en soit, la population de Weymontachie ne fit que croître jusqu’en 1950, où, faute de subventions nécessaires à l’entretien du village, ses habitants commencèrent à le quitter pour s’établir soit à Sanmaur, soit dans d’autres villages avoisinants. Ils reviendront cependant dans les années 1970 pour créer un nouveau village encore plus près de la montagne de laquelle il tire son nom, la montagne d’où l’on observe, et qui regroupe aujourd’hui quelque 700 personnes. La plus ancienne attestation du toponyme, Montachene, remonterait à 1827. En 1829, on le retrouve orthographié Weymontachinque, en 1830, Waimootansking, en 1832, Weymontachingue,  Weymontachingue, puis Warmontashingen, en 1837 et Warmontaching, en 1840. C’est la graphie de 1832, Weymontachingue, paraissant sur la carte de John Arrowsmith intitulée British North America qui sera la plus diffusée. Elle ne sera remplacée par celle de Weymontachie qu’en 1986, à la demande même du Conseil de bande local. Le système normalisé d’écriture de la langue atikamekw privilégierait plutôt maintenant la forme Wemotaci.

Amérindiens

Histoire des Amérindiens. Photographie de Histoire-du-Québec.ca.