Histoire du Québec

Weekend rouge

Weekend rouge

En octobre 1974, les pompiers de Montréal exigent une augmentation de leurs salaires. La ville refuse, mais des négociations entre les deux parties sont engagées. Le versement d’une compensation de 750 $ aux pompiers est recommandée par un médiateur, mais cette proposition n’est pas acceptée, et le désaccord entre la Ville de Montréal et le syndicat des pompiers se poursuit.

Le vendredi 25 octobre, le maire Jean Drapeau déclare que la Ville de Montréal ne cédera pas au «chantage des pompiers». En conséquence, le lundi 28 octobre, tous les pompiers du quart de soir se font porter malades et personne ne se présente dans les casernes. La situation se détend le mardi, le dialogue semble reprendre, mais le mercredi les pompiers votent en faveur de la poursuite de la grève.

Les 2400 pompiers de la ville ne vont plus éteindre les incendies, même s’il fait froid et qu’en moyenne une dizaine d’incendies se déclarent lors de ces journées.

Les injonctions émises contre les pompiers ne donnent pas de résultat.

Les premiers incendies signalent le début du «weekend rouge ». Le 1er novembre, les journaux rapportent des incendies aux quatre coins de la ville, ainsi que des émeutes et des actes de sabotage.

Des incendies se déclarent d’abord dans des immeubles désaffectés et, faute d’intervention des pompiers, se propagent aux maisons voisines.

Le dimanche 3 novembre, les deux parties, sous la pression de la population, signent une lettre d’entente. La grève, qui a duré 60 heures, prend fin.

En deux jours, on a dénombré 25 incendies importants, dont le grand incendie qui détruisit le quartier central compris entre les rues Wolfe, Amherst, Sherbrooke et Ontario. Des centaines de familles se sont retrouvées sans domicile, mais, heureusement, aucun décès n’a été rapporté.

week end rouge

Le quartier détruit. Source de la photo : Le quotidien La Presse, photo de l’époque