Histoire du Québec

Village de Tasiujaq

Municipalité de village nordique de Tasiujaq

Situé à environ 110 kilomètres au nord-ouest de Kuujjuaq, le village de Tasiujaq, dont le nom signifie qui ressemble à un lac, représente en quelque sorte, pour les Inuits du Nord québècois, le symbole du retour aux sources. Ce village de la région administrative du Nord-du-Québec fait partie du territoire de l’Administration régionale Kativik.

Ce village constitue en effet le premier jalon d’un mouvement de réintégration d’Inuits dans leur milieu d’origine après une absence prolongée. C’est dans cette lancée que les résidents d’Aupaluk, d’Akulivik et, plus récemment de Taqpangayuk réanimèrent leurs villages. Les premiers témoignages historiques de l’existence d’un établissement à Tasiujaq remontent à 1830. Les registres de la Compagnie de la Baie d’Hudson rapportent en effet, cette année-là, que des Tasiujarmiut se sont présentés au poste de traite nouvellement établi à Kuujjuaq pour s’approvisionner en marchandises diverses. Cette visite ne constituait sans doute pas une première puisque Tasiujaq aurait déjà été, dès cette époque, un relais sur la longue piste des traîneaux à chiens reliant Ivujivik à Kuukkuaq.

Ces échanges expliquent sans doute aussi le fait que la Compagnie de la Baie d’Hudson ait décidé d’établir, en 1833, un poste d’approvisionnement à l’anse du Comptoir, à une vingtaine de kilomètres à l’est du village actuel.

Abandonné en 1842, le site de Leaf River Post fut occupé à nouveau par la compagnie Revillon Frères en 1905, et par la Compagnie de la Baie d’Hudson elle-même quelques mois plus tard.

Tasiujaq voit cependant ses activités commerciales disparaître en 1941 au profit de Kuujjuaq où les Américains ont entrepris la construction d’une base militaire. Ses habitants aussi quittent les lieux et une seule famille, les Cain, reste sur place. L’exploitation d’un gisement minier par la Fenimore Iron Mines, de 1950 à 1955, fait revenir temporairement les habitants, mais ce n’est vraiment qu’en 1966 que les Tasiujarmiut se réinstallent définitivement dans leur nouveau village dont l’infrastructure vient d’être mise en place par la Direction générale du Nouveau-Québec. Celle-ci souhaite par cette opération, et conformément aux vœux exprimés par la population, relancer les activités traditionnelles locales. Incorporé en municipalité de village nordique en 1980, Tasiujaq compte aujourd’hui une population de plus de cent habitants qui tirent la majeure partie de leur nourriture de la chasse au caribou et de la pêche à l’omble chevalier.

Lac Tassialouc

Ce grand lac alimente, à une quarantaine de kilomètres plus au nord, le lac Payne qui se déverse par la rivière Arnaud sur la côte ouest de la baie d’Ungava. Son contour, très irrégulier, présente des pointes de terre et des baies de formes et de dimensions variées. Sur tout son étendue, on retrouve de nombreuses îles. La longueur et la largeur maximales sont de 20 km sur 15 km. Ce toponyme provient de l’inuktitut et signifie grand lac : de tasiq, lac et -aluk, grand, gros. Il paraît sous la forme Tassialukudlik, sur une carte géologique de Albert Peter Low dans le nord-est du Canada. Approuvé sous la graphie Tassialuk en 1945, ce nom fut publié sous celle de Tassialouc dans le Répertoire géographique du Québec, de 1969.

Nord-du-Québec

Nord-du-Québec. Photo d’Histoire-du-Québec.ca.