Histoire du Québec

Vente de journaux

On ne vendra pas de magazines dans les kiosques à journaux

D’après le règlement municipal, les vendeurs ne pourraient tenir que des journaux dans leurs kiosques. – La chose sera recommandée au comité exécutif. – 75 pour cent des vendeurs actuels ne seraient pas naturalisés.

Le rapport de la commission échevinale des kiosques à journaux a été retardé d’une quinzaine de jours à cause du long travail qu’il nécessite. Dans ce rapport qui sera soumis au comité exécutif, la commission recommandera notamment de ne pas permettre aux vendeurs de journaux la vente de magazines et autre périodiques dans les kiosques. La commission s’appuiera, pour faire cette recommandation, sur les dispositions mêmes du règlement qui fut passé par le conseil municipal le 17 février dernier.

Le règlement décrète ce qui suit :

Article 1 – La cité de Montréal peut accorder aux vendeurs de journaux la permission de stationner dans les rues pour y exercer leur commerce, pourvu qu’ils se servent à cette fin des kiosques ou des étagères que la dite cité construira elle-même à ces frais et qu’elle louera auxdits vendeurs de journaux, au mois ou à l’année et aux prix et conditions qu’elle déterminera.

Article 2 – Il est loisible à la cité d’annuler la susdite permission en tout temps.

De l’avis de plusieurs membres de la commission et de M. René Bauset, greffier de la cité, ces dispositions enlèvent aux vendeurs de journaux le droit de vendre des magazines ou périodiques dans les kiosques. Ils pourront vendre des journaux quotidiens et hebdomadaires, mais pas autre chose. Le commerce des magazines et périodiques retombera par conséquent exclusivement aux mains des libraires et marchands de papeterie qui jusqu’à présent se plaignaient d’être victimes d’une concurrence injuste par les vendeurs de journaux tout en étant obligés de payer une taxe d’affaires, tandis que les vendeurs de journaux ne payaient aucune taxe.

À l’assemblée de la commission, hier, il fut annoncé que le nombre des demandes pour des kiosques s’élevait à 274. La commission est d’avis de n’accorder que de 150 à 200 demandes en tout. Ce serait donc le nombre maximum des kiosques qui seront établis dans Montréal pour la vente des journaux. Sur les demandes reçues, il en reste environ 65 qui ne sont pas étudiées. Si la commission s’en tient à sa première idée, quand l’étude de toutes les demandes sera terminée, il y en aura près de 75 qui seront laissées de côté.

Un des points importants, sur lequel la commission a exprimé une opinion bien tranchée dès le début, est le titre de citoyenneté de ceux qui vendront des journaux. Il a été établi qu’il y a présentement à Montréal près de 75 pour cent de ceux qui vendent des journaux dans les rues, qui ne sont pas naturalisés. Dans plusieurs cas même, ce sont des étrangers qui ne sont au pays que depuis huit mois et qui, quand ils sont arrivés, étaient censés, d’après les lois de l’immigration, entrer ici soit comme colons, soit encore comme domestiques. Ils vendent maintenant des journaux dans les rues. L’opinion exprimée par la commission dès le commencement, était qu’il faut donner la chance d’abord à ceux qui sont citoyens du pays et ensuite aux étrangers, s’il y a de la place. On prévoit que la commission prendra cette question en sérieuse considération quand elle fera son rapport au comité exécutif.

(C’est arrivé à Montréal, le 24 juillet 1925).

vente de journaux rue McGill

Coin rues McGill et des Récollets à Montréal. Photo : Histoire du Québec.ca