Histoire du Québec

Lieu-dit Van Bruyssel

Lieu-dit Van Bruyssel

Le lieu-dit de Van Bruyssel est localisé le long de la ligne ferroviaire reliant Québec et le Lac-Saint-Jean. Il est situé près de la décharge du lac Kiskissink et constitue une enclave dans la Zone d’exploitation contrôlée Kiskissink, qui avoisine la réserve faunique des Laurentides, dans la région administrative de la Mauricie (Municipalité régionale de comté du Haut-Saint-Maurice, Territoire non organisé de Kiskissink).

On peut y accéder par un chemin forestier qui rejoint la route reliant Chambord à la Mauricie. Cet ancien hameau était très fréquenté il y a quelques décennies. En 1959, on y dénombrait 80 personnes, qui furent desservies par un bureau de poste, de 1905 à 1965.

L’endroit a longtemps été le site d’un dépôt forestier et d’un poste de garde-feu. Il a en outre constitué une destination populaire pour les amateurs de chasse et de pêche ; un club dénommé Le Gai Bourg d’Eau y a été en activité pendant plusieurs années. Ce toponyme figurait sur une carte de 1915 mais avec une graphie légèrement différente : Van Bruyssels.

L’appellation de ce lieu-dit évoque la mémoire de Ferdinand Van Bruyssel (1856-1935), consul de Belgique à Québec, vers 1885. Grand amant de la nature et intellectuel curieux, il parcourt le Québec en tout sens durant près de 40 ans, carnet en main, notant ses observations sur l’environnement ainsi que les us et coutumes des habitants.

Après avoir publié, en 1895, un ouvrage plutôt technique intitulé Le Canada où sont présentées des données sur l’agriculture, l’exploitation forestière et la colonisation du pays, il opte par la suite pour le roman et publie, en 1934, Jean Vadeboncoeur et Marie-Anne Lafrance, Canadiens français.
On y retrouve entre autres personnages Godfrey Gaskell, un opulent propriétaire du Mississipi, derrière lequel se campe l’auteur, qui a sa résidence secondaire à Beaupré, près de Québec et dont le fils du voisin, Jean Vadeboncoeur, lui sert de guide au cours de ses voyages à travers le Québec.

L’un de ceux-ci les conduit d’ailleurs à Kiskissink, vers 1905. C’est à 1 km au nord de là que se développera précisément le hameau de Van Bruyssel. Les relations qu’entretenait l’auteur avec différentes personnalités politiques de l’époque ont peut-être incité celles-ci à retenir son nom dans la désignation du bureau de poste local, en 1905.

Un petit-lac de l’arrière-pays de Charlevoix porte aussi le nom de Van Bruyssel. La lecture du roman nous permet encore d’expliquer les motifs de sa dénomination. Le lac se trouve en effet dans un secteur appelé La Cruche dans le roman et où Godfrey Gaskell se rend chasser le caribou en compagnie de guides hurons.
Le nom de Lac Van Bruyssel a remplacé celui de Lac des Caribous lors de la réédition de la Carte du Parc national des Laurentides en 1942.

Témoin amérindien

Témoin amérindien à Trois-Rivières, Mauricie. Photographie par Histoire-du-Québec.ca.