Histoire du Québec

Nids de poule à Montréal

Nids de poule à Montréal : La terreur des chauffeurs

Les trous ne datent pas d’hier… Plus ça change, plus c’est pareil

(Un texte curieux paru dans le journal Le Canada, samedi, 30 mai 1953)

Qu’en pensez-vous ?

À quoi attribuez-vous le retard dans la réparation des trous, des ornières mêmes que l’on voit dans plusieurs rues de Montréal ?

M. Sylvio Collerette, chauffeur de taxi, 3339, 2e avenue Rosemont : « Ils sont la terreur de chauffeurs de taxis et plusieurs autres. Je peux vous en parler en connaissance de cause, de ces trous qu’on répare à moitié ou qu’on ne répare pas du tout. Il y a quelques jours, dans la rue Prc-Lafontaine, l’un d’eux m’ cassé deux ressorts. Il y a à cet endroit beaucoup de circulation et aussi jusqu’au coin de la rue ‘arquette plusieurs trous. On en rencontre tellement par toute la ville, qu’il faudrait une mémoire d’éléphant pour les énumérer. Avec tous les gens de bons sens, je me demande pourquoi en haut lieu on est si négligent. Et je me ppuis m’empĉher de conclure à l’incompétence des directeurs du département de la Voirie et des inspecteurs ».

M. Robert Michaud, publiciste, rue Hochelaga : « Ce sondage d’opinion est de nature à faire du bien et je me fais un plaisir d’y apporter ma contribution. Quant à l’état de notre voirie municipale, il est vraiment pitoyable dans certains secteurs de la ville et suis porté à croire qu’on peut l’attribuer soit à l’incompétence de quelques inspecteurs d’une part, au favoritisme ou au manque d’arget de l’autre ».

M.R. Laurin, épicier-boucher, rue Bienville  : « Je voyage surtout dans les grandes artères où les trous sont vraiment rares. Mais j’en vois souvent du boulevard Crémazie jusqu’au boulevard Gouin, rue Berri. Ils sont là depuis longtemps et je suppose qu’ils ont été crusés par les égouts oues prises d’eau. Jattribuerais au département de la Voirie municipale, la lenteur des travaux de réparation ».

M. Louis Chartier, chauffeur de camion, 5600, rue Notre-Dame : « Il y a certainement de la négligence ou de l’incompétence en haut lieu et les autorités municipales devraient prendre les moyens nécessaires pour y remédier. Et je remarque que ce sont souvent des trous crusés par les employés de la Voirie pour fins d’habitation ou autres. J’en vois qui datent de plusieurs mois et prennent tous les jours de l’ampleur. C’est quand il y a trop de plaintes qu’on se décide à agir. Il est naturel que les trous pullulent là où le pavé est de qualité inférieure à cause de la rareté des matériaux et l’abondance de certains entrepreneurs qui se sont révélés profiteurs. J’attribuerais la négligence dont vous parlez au manque de surveillance ».

Rue de la Commune

Rue de la Commune dans le Vieux-Montréal, en face du Vieux-Port. Crédit image : Histoire-du-Québec.ca