Histoire du Québec

Terrible incendie

Un terrible incendie

Le chef Tremblay et 23 pompiers blessés. – Trois explosions au cours de l’incendie. – Conduite admirable des pompiers.

4 avril 1910, Montréal – Un terrible incendie se déclare samedi soir, rue St-Paul, au Vieux-Montréal, et cause $50,000 de dommages à la manufacture Waldman. Les pompiers ont travaillé douze heures consécutives pour éteindre le feu pour empêcher qu’il se communique aux édifices voisins.

Le chef Tremblay et vingt-trois de ses hommes ont été plus ou moins gravement blessés au cours d’un incendie qui s’est déclaré samedi soir, rue Saint-Paul, et qui a causé pour $50,000 de dommages, à la manufacture J. H. Waldman & Cie.

D’après le chef Tremblay, c’est l’incendie le plus considérable et surtout le plus difficile à combattre qu’il y ait eu à Montréal depuis le feu qui détruisit les établissements Daoust Lalonde.

Le chef de la brigade fut brûlé aux deux mains par une explosion qui eut lieu alors qu’il dirigeait la lutte contre le fléau.

Le travail des pompiers a duré plus de douze heures consécutives et 160 hommes appartenant aux stations 1,2,3,4,5,6,8,11,14,20 et 25 étaient présents. Six pompes à vapeur pendant quatre heures ont lancé des torrents d’eau sur le foyer.

Le chef Tremblay avait sous ses ordres les sous-chefs Mann, Marin, Brière et Dubois.

Cette imposante masse d’hommes a été réunie par une deuxième alarme suivant à 6 minutes la première sonnée à la boite No 14 au coin des rues McGill et St-Paul à 9 heures 58.

Le Chef Tremblay no pouvant attaquer l’incendie que par la façade, car l’immeuble était englobé dans un pâté de maisons, a d’abord fait enfoncer la porte d’entrée et les soupiraux de la cave, où le feu semblait avoir pris.

Mais déjà le sinistre avait fait de si rapides progrès que les quatre étages de la manufacture Waldman étaient la proie des flammes. Dans le voisinage immédiat de l’immeuble en feu, un poteau se dressait soutenant 2 à 300 fils électriques qui menaçaient de tomber sans que Chef puisse les faire couper dès l’abord. Pour y arriver il a dû faire dresser deux grandes échelles et se servir de l’échelle de secours de l’édifice en flammes, tandis que 4 lances projetaient continuellement contre la façade de l’eau pour abaisser la température très haute.

Le chef Tremblay était occupé de ces mesures préliminaires quand trois formidables explosions se sont produites coup sur coup dans lesquelles non seulement lui, mais 23 de ses hommes ont été blessés. Treize de ceux-ci ont été assez grièvement blessés pour être transportés à l’hôpital : toutes les voitures des hôpitaux de Montréal ont été réquisitionnées. Les 10 autres hommes atteints pendant les explosions ont regagné leur domicile par les tramways. Le chef Tremblay, malgré les brûlures reçues aux mains, a continué de stimuler ses hommes par son exemple.

Le brasier immense a été littéralement inondé sans discontinuer de 10.15 heures du soir à 2 heures après minuit. Les édifices voisins occupés par MM. A. et E Pierce et Co., fourreurs, la Montreal Garmen Mig Co., MM Watt et Shapiro étaient menacés d’une conflagration. Ils ont été heureusement sauvegardés et ils n’ont eu à souffrir que des dégâts occasionnés par l’eau.

Le feu a été mis sous contrôle après un énorme travail vers 2 heures 15 hier matin.

Il ne reste plus que les murs de la manufacture J. H. Waldman et Co. Le rappel a sonné vers 4 heures, mais plusieurs stations sont restés toute la nuit et toute la matinée d’hier sur les lieux travaillant au milieu des décombres fumants.

Vers midi tous les postes étaient rentrés à leurs quartiers et la circulation était rétablie dans la rue St-Paul.

Les causes du sinistre sont absolument inconnues et aucun indice ne permet de pouvoir faire une supposition quelconque à ce sujet.

Cependant les trois explosions qui ont éclaté pendant l’incendie successivement paraissent suspectes.

Le chef Tremblay ne peut croire qu’elles soient dues à une combustion spontanée occasionnée par la vapeur d’eau.

Les pertes sont très élevées et dépasseront certainement $50,000.00. Elles sont d’ailleurs couvertes par des assurances.

Le chef Tremblay ne souffre pas trop de ses brûlures et tous ses hommes ont repris leur service , à l’exception des pompiers Perron et Munto qui sont à l’hôpital Victora pour deux ou trois jours encore. Leur état est cependant satisfaisant et leurs blessures n’ont aucun caractère de gravité.

(4 avril 1910).

caserne de pompiers

Une caserne de pompiers à Montréal. Illustration: Histoire-du-Québec.ca