Histoire du Québec

Sucres artificiels

Sucres artificiels et la santé

Édulcorants de synthèse, à fort pouvoir sucrant, utilisés pour remplacer le sucre car ils n’ont pas de calories ou ils en ont peu.

Cyclamate : Ce produit a été découvert accidentellement en 1937 par un universitaire américain quand sa cigarette, qu’il avait déposée par mégarde sur un dérivé de l’acide cyclohexylsulfamique, une poudre cristalline, développa une agréable saveur sucrée. Dépourvu de calories, le cyclamate possède un pouvoir sucrant équivalant à 300 fois celui du sucre.

Le cyclamate fur fréquemment utilisé en combinaison avec la saccharine ce mélange permettait de rehausser leur saveur sucrée respective, d’améliorer leur stabilité et leur durée de conservation et de masquer l’amertume de la saccharine. Les États0Unis devaient restreindre l’usage dy cyclamate en 1969, puis l’interdire en 1970, à la suite de recherches qui jetèrent des doutes sur son innocuité ; des tests sur des animaux avaient causé le cancer de la vessie et divers autres effets toxiques, dont l’atrophie des testicules.

Le cyclamate est vendu dans environ 40 pays ; plusieurs, dont le Canada et la France, en limitant l’usage. Le fabricant et l’industrie alimentaire font régulièrement des pressions pour que soient levées les restrictions, arguant que le caractère nocif du cyclamate n’a jamais été prouvé de façon satisfaisante. Ils citent diverses études visant à démontrer son innocuité. La question demeure encore en suspens ; le gouvernement américain à établi que si les recherches ne prouvent pas sans contredit que le cyclamate est cancérigène, elles ne réussissent pas non plus à démontrer qu’il n’est pas susceptibe de causer le cancer ouy des problèmes génétiques. Il maintient donc l’interdit.

Saccharine : Découverte par un universitaire américain en 1879, la saccharine est un sous-produit du pétrole. Elle fut utilisée pendant plus de 100 ans, d’abord comme antiseptique et préservatif alimentaire puis comme édulcorant artificiel.

La saccharine ne contient aucune calorie et son pouvoir sucrant est 300 fois supérieure à celui du sucre ; elle laisse un arrière-goût amer. Son usage a été restreint en 1977 au Canada et aux États-Unis à la suite de recherches qui démontraient que cette substance causait le cancer de la vessie chez les rats. Dans divers pays, la vente de la saccharine n’est permise qu’en pharmacie. Aux États-Unis, après un tollé de protestations venues de l’industrie des boissons gazeuses, du fabricant et des consommateurs que l’absence d’un édulcorant de remplacement non nocif dérangeait, le Congrès a décidé d’appliquer un moratoire de deux ans, moratoire qui a été régulièrement reconduit depuis.

Aspartame : À l’instar du cyclamate, l’aspartame fut découvert par accident en 1965 lors de recherches effectuées sur des médicaments contre les ulcères. L’aspartame résulte de la combinaison de deux acides aminés, l’acide aspartique et l’acide phénylalanine (on lui ajoute parfois du glucose ou du lactose). Contrairement aux deux autres édulcorants artificiels, l’aspartame contient un nombre de calories identique à celui du sucre à pids égal (4 calories par gramme). Cependant, son pouvoir sucrant est de 180 à 200 fois plus élevé ; il en faut donc beaucoup moins pour arriver au même résultat que le sucre.

L’aspartame est l’objet de controverse depuis son apparition son approbation par la FDA américaine (Food and Drug Administration) nécessita plusieurs années et fut plus une décision politique que scientifique. L’interdiction du cyclamate et la menace de bannissement qui pesait sur la saccharine laissaient d’énormes besoins insatisfaits et promettaient des profits considérables. Des chercheurs se sont opposés à la reconnaissance du produit dénonçant les recherches du fabricant déposées devant la FDA, les qualifiant même de « scientifiquement déficientes » et d’ « irresponsables ». L’aspartame fut d’abord autorisé dans les aliments secs en 1981 puis permis dans les boissons gazeuses en 1983, malgré le fait qu’il est peu stable dans les liquides, qui altèrent relativement rapidement sa composition chimique ; après douze semaines d’entreposage à température élevée (30 degrés C, température facilement atteinte en été), près de 50 % de l’aspartame peut être décomposé. La dégradation de l’aspartame enraîne, outre la perte de son pouvoir sucrant, la formation de méthanol, une substance nocive pour la santé.

L’usage de l’aspartame ne cesse de croître; cette substance entre dans une foule de produits dont des médicaments, des vitamines et une quantité impressionnante d’aliments (céréales, jus, biscuits, puddings, gâteaux, pâtisseries, crème glacée, yogourt, etc.) Les ventes d’aspartame sont en hausse phénoménale, 13 millions de dollars en 1981, 336 millions en 1983 et ce, malgré le fait que l’innocuité du produit n’ait pas encore été établie. Ce succès est dû en bonne partie aux 100 millions de dollars américains alloués à sa publicité, soit la plus forte somme jamais dépensée pour faire connaître un aliment.

La seule contre-indication officiellement reconnue concerne les personnes souffrant de phnylcétonurie, une malade héréditaire du métabolisme relativement rare, dans laquelle se produit une accumulation excessive dans le sang de phénylalanine, un des principaux composants de l’aspartame, ce qui peut provoquer des lésions au cerveau et de l’arriération mentale. Le problème, c’est qu’environ 2 % de la population (près de 4,5 millions de personnes aux États-Unis seulement) est porteuse d’un des deux gènes qui causent la maladie sans en avoir les symptômes, donc sans le savoir. Ces personnes risquent d’être affectées par l’augmentation du taux de phénylalanine dans le sang.

De nombreuses personnes ont rapporté être affectés par son ingestion. Les principaux symptômes sont des démangeaisons, des lésions de la peau, des désordres menstruels, des maux de tête, des nausées, des troubles de la vue, des pertes de connaissance, de l’irritabilité et de la dépression, allant parfois jusqu’au désir de suicide. Comme toujours, l’industrie défend son produit et nie sa toxicité, disant qu’il n’existe pas de preuves établies. Cette attitude est déplorable car tout le temps que dure le débat, la société entière devient un immense laboratoire et la propulsion sert de cobaye sans même le savoir, si les effets négatifs deviennent trop nombreux et trop graves, on finira par les reconnaître mais pour de nombreuseses personnes, il sera bien tard.

Les risques que les gens subissent des effets nocifs s’amplifiant à mesure que l’aspartame gagne en popularité. Puis il y a de produits qui en contiennent, plus il devient difficile de l’éviter l’aspartame car il peut causer des dommages irréparables au cerveau. Pour la population en général, on conseille d’en limiter l’ingestion. Si des symptômes apparaissent, éliminer l’aspartame complètement pour un certain temps, au moins une semaine, et observer ce qui se passe. Si les symptômes on disparu puis qu’ils reviennent quand l’ingestion de l’aspartame reprend, la situation devient claire.

Mural

Mural historique, Montréal, photographie par Histoire-du-Québec.ca.