Histoire du Québec

Soeurs Grises de Montréal

Soeurs Grises de Montréal

La communauté des Sœurs Grises ou des Sœurs de la Charité fut fondée en novembre 1737 par Marie-Marguerite d’Youville, veuve et mère de deux enfants, la première personne née au Canada à être canonisée.

La communauté des Soeurs Grises a été la première communauté religieuse fondée par une femme, née au Canada. Madame d’Youville (Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais), avec trois autres compagnes s’engage à vivre en commun avant tout pour se dévouer aux pauvres.

La mission apostolique de la congrégation des Sœurs grises comprend plusieurs valeurs: la solidarité avec les pauvres; la prise de risques pour la promotion de la justice; l’attitude contemplative et la découverte de la présence constante de Dieu dans leur vie; l’ouverture, le soutien mutuel et la coresponsabilité dans la congrégation et dans l’Église; la protection du caractère sacré de la vie.

Dès sa fondation, la congrégation était une association laïque de bienfaisance. Les sœurs hébergent les enfants trouvés, aident les malades, inhument les morts. En 1747, ces sœurs assument la direction de l’Hôpital Général de Montréal.

Les frères Charon, qui oeuvrent alors à l’hôpital, sont très populaires, et les gens se moquent des religieuses en les appelant soeurs grises (au sens d’«éméchées»). Une autre version veut que les religieuses aient été accusées à tort de vendre de l’alcool aux Indiens et de les «griser». En 1755, lorsque la communauté est reconnue officiellement, les soeurs prennent un habit gris par allusion à ce surnom.

Ces religieuses s’adonnent aux soins infirmiers, s’occupent des pauvres, des personnes âgées, des malades contagieux, des infirmes, des aveugles, de l’enfance abandonnée, de l’hébergement des orphelins, des incurables et des aliénés. La mère d’Youville aménage douze chambres de retraite pour les “filles tombées” (cette première maison de charité s’appellait Jérico).

Les soeurs assistent les familles en distribuant nourriture et vêtements. Elles visitent et soignent les prisonniers, elles mettent sur pied un service de visites à domicile, chose jamais vue au Canada.

En 1840, les Sœurs grises sont chargées d’un hôpital à Saint-Hyacinthe. Quelques années plus tard, elles prennent en main au Manitoba l’hôpital de Saint-Boniface, sur la rivière Rouge, et entreprennent une oeuvre d’éducation à Bytown (Ottawa). En 1849, elles ouvrent un orphelinat à Québec.

Aujourd’hui, les religieuses de la communauté des Sœurs grises forment cinq communautés distinctes qui descendent toutes de la même fondation. Il y a environ 3000 sœurs, parmi lesquelles près de 800 vivent et travaillent à Montréal et 900 à Québec.

Communautés autonomes des Soeurs Grises :

  • Sœurs grises de Montréal (site Web : Soeurs grises de Montréal);
  • Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe;
  • Sœurs de la Charité d’Ottawa;
  • Sœurs de la Charité de Québec;
  • Grey Nuns of the Sacred Heart;
  • Grey Sisters of the Immaculate Conception (Pembroke, Canada).
siège des soeurs grises de Montréal

Soeurs grises

Siège des Soeurs Grises de Montréal. Photo : © Histoire-du-Quebec.ca