Histoire du Québec

Sir Francis Drake

Sir Francis Drake fait le tour du monde

En effet, outre l’expédition de Magellan, qui fut ramenée tant bien que mal par Del Cano, il faut se souvenir des entreprises glorieuses de Francis Drake et Thomas Cavendish.

De fait, Drake fut le premier capitaine à compléter un voyage autour du globe sur son propre vaisseau : le Pélican, aussi dénommé la “Biche dorée”.

Assisté du chambellan anglais, Sir Christopher Hatton, au blason duquel figurait la biche, Drake équipa cinq navires et prit la mer à Plymouth, le 15 novembre 1577.

Le récit de son voyage est aussi extraordinaire que scandaleux. A son retour, il dut restituer une partie de ses prises aux Espagnols, durement affectés par ses rapines. Valparaiso, Callao, Guatalco firent principalement les frais de l’ardeur de Drake, leur premier visiteur anglais sur cette côte pacifique.

Habile navigateur, le corsaire anglais butina bien un peu au Chili, au Pérou et au Mexique, usant d’astuce et de patience. Mais alors qu’il avait embouqué le détroit de Magellan, le 20 août 1578, pour en ressortir seize jours plus tard, il franchit aussi allègrement le Pacifique et atteignit la côte méridionale de Java en mars 1580. Il doubla le cap africain à la mi-juin et rentra dans son port trois mois plus tard, soit le 26 septembre 1580.Un autre anglais, Thomas Cavendish, élégant et jeune sportif, mieux en finance depuis une expédition en 1585, parcourut à peu près le même trajet que Drake, de juillet 1586 à septembre 1588. Lui aussi butina avec enthousiasme aux postes espagnols du Pérou et du Chili. Il avoua entre autres une prise de 122,000 pesos “de oro”, soit six tonnes du fabuleux métal.

Après avoir franchi le Pacifique en quarante-cinq jours seulement, il rentra à Plymouth dans le sillage tragique de l’Armada.

Cette flotte immense, concentrée à Lisbonne, harcelée dans la Manche, débandée au mouillage devant Calais sous la menace des brûlots lancés par Drake, décimée par la tempête, perdit au cours de l’été 1588 seize mille hommes et quatre-vingts navires.

À même temps, on a fait grand état dans les milieux maritimes du voyage extraordinaire accompli par le Hollandais Oliver Van Noort. Parti d’Amsterdam, le 2 juillet 1598, avec quatre navires et deux cent quarante-huit hommes, il s’en fut piller en Guinée, escarmoucher au Brésil, tâtonner cent jours dans le détroit de Magellan, ravager le Chili, puis le Pérou, couler aux Philippines deux navires de guerre espagnols.

De retour le 26 août 1601, Van Noort ramenait quarante-huit hommes et un riche butin. II parachevait ainsi le quatrième tour du monde.

De leur côté, les marins anglais s’imposent à la fois comme corsaires et explorateurs. Leurs explorations ont été plus profitables, à long terme, que les fabuleux trésors rapportés de leurs périlleuses rapines. Grâce à leurs exploits, l’Angleterre, comme la Hollande d’ailleurs, a accumulé les connaissances géographiques nécessaires à une colonisation future au Nouveau-Monde.

Sir Francis Drake, gravure de l’époque

Sir Francis Drake, gravure de l’époque.