Histoire du Québec

Siècle de souffrances

Un long siècle de souffrances, avant-propos des aventures de la France en Amérique

La crise des XIVe et XVe siècles en Europe

L’arrêt de la croissance, la guerre de Cent Ans, les ravages de la peste et la guerre civile sont la triste lot des années 1340 – 1440.

Si le XIIIe siècle est celui de l’apogée du monde féodal, le XIVe siècle sera celui du bouleversement de l’ordre social qui avait régi trois cents ans de notre histoire. Cette remise en cause des fondements de la société sera le produit d’une série de crises touchant tous les aspects de la vie : l’organisation économique, le système politique, la place des groupes sociaux, le comportement individuel, l’idéologie et la culture, les rapports avec l’extérieur, et même l’Église romaine (partagée entre plusieurs Papes de 1378 à 1417).

La guerre de Cent Ans

Cette crise multiforme coïncide approximativement avec ce que l’on a coutume d’appeler la « guerre de Cent Ans », qui oppose de 1337 à 1453 les partisans de la dynastie française des Valois aux rois d’Angleterre et à leurs alliés. Mais le conflit direct franco-anglais, presque oublié depuis le temps de Philippe-Auguste, de Richard-Coeur-de-Lion et de Jean-sans-Terre, ne constitue qu’un aspect des affrontements et toute sorte qui marquent cette période.

Certes, ce sont surtout les années de campagnes militaires nombreuses et meurtrières qui viennent d’abord à l’esprit. De plus, ce sont surtout les années de campagnes militaires nombreuses et meurtrières qui viennent d’abord à l’esprit. De plus, si elles sont espacées par de longues périodes de paix, ces trêves sont elles-même souvent dramatiques, en raison des ravages commis par ceux que l’arrêt des combats laisse sans emplois : mercenaires et « routiers » de tous genres, qui, n’étant plus payés par les princes, vivent de pillage et terrorisent les populations civiles. Enfin, le besoin d’argent des rois pour financer la guerre pèse lourdement sur ceux qui subissent cette fiscalité exigeante; c’est le cas en particulier des habitants des villes, contraints d’accepter ce prélèvement destiné théoriquement à les protéger du danger anglais, ou d’entreprendre eux-mêmes des travaux de fortifications, et aussi de constituer des milices urbaines de défense, de monnayer la levée du siège ou le départ des « écorcheurs ».

La crise économique et sociale

Ce siècle est aussi celui d’une tension sociale et politique nouvelle, prenant la forme d’émeutes urbaines, de revendications bourgeoises, de soulèvements paysans, ou de conflits intérieurs entre grands du royaume. Ces phénomènes sont parfois favorisés par les effets directs et indirects de la guerre, mais ont aussi leurs causes propres, tenant soit à l’ambiguïté des droits féodaux et aux problèmes de successions, soit aux nouveaux équilibres difficiles à trouver entre des classes sociales en évolution, ou entre régions politiques ou économiques aux intérêts divergents.

Ils sont aussi liés aux conséquences démographiques de l’épidémie de peste de 1348.

La guerre et la peste

La « guerre de Cent Ans » n’éclate pas par hasard dans un monde serein et euphorique : les difficultés économiques apparues dès le début du siècle ne sont pas absentes des origines du conflit. De plus, un événement particulièrement dramatique va marquer les premières années de la guerre, sans qu’il puisse toutefois lui être directement attribué de peste des années 1347 – 1348, qui décime environ un tiers de la population de l’Europe occidentale et remet en cause le mode d’occupation et d’exploitation du sol.

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Ces restes des monuments les plus augustes écroulés, brisés, épars, couverts de ronces, portent à mon imagination des idées qui ne m’étaient pas ordinaires. “Voilà, disais-je, le pouvoir du temps sur les ouvrages de l’orgueil et de l’industrie des hommes.” (Jacques Cazotte Le Diable amoureux (1772). Photo : Histoire-du-Québec.ca.