Histoire du Québec

Second New Deal

Le Second New Deal

Le premier New Deal a surtout lieu pendant l’été 1933. L’indice de la production industrielle passe de 56 en mars à 99 en juin 1933, mais il retombe à 75 en octobre.

L’année 1934 est plutôt marquée par la stagnation industrielle et le chômage reste élevé. Cette politique donc se heurte à la critique des milieux libéraux, et le 2 mars 1935, le NIRA (National Industrial Recovery Act) est annulé par la Cour suprême des États-unis.

À partir de là de nouvelles mesures vont être prises. Il est temps du second New Deal qui se met en place à partir du printemps 1935. Cette politique traduit une mise en sommeil du «dirigisme» et l’émergence de nouveaux axes qui sont le développement des grands travaux et l’utilisation systématique du déficit budgétaire, l’ébauche de l‘État providence mais aussi la confirmation du rôle reconnu aux syndicats et à la négociation collective.

Cette fois-ci, le développement des grands travaux se fait dans le cadre de la Work Public Administration qui succède à la CWA et qui, à la différence de cette dernière, accorde des salaires qui sont proches des salaires moyens. Dans le domaine social, le droit à la négociation collective est confirmé par le National Labor Relation Act, le 5 juillet 1935.

Cet acte reprend les dispositions du NIRA et est d’ailleurs complété par le Fair Labor Standard Act, en juin 1938 qui instaure un salaire minimum. De plus, le Social Security Act du 15 août 1935 crée un système de sécurité sociale au pays. Ce système restera beaucoup plus embryonnaire que dans les pays d’Europe puisqu’il ne couvre que la vieillesse et le chômage et exclut certaines catégories, telles les domestiques et les salariées agricoles. La politique du second New Deal est financée par le recours au déficit du budget.

La hausse de celui-ci inquiète cependant Roosevelt, et en 1937 des mesures de freinage sont prises. Ces mesures entraînent la récession de 1937-1938. La période du second New Deal est marquée dans le domaine syndical par la poursuite des mouvements de revendication pour obtenir des conventions collectives.

Les syndicats connaissent une scission avec la création, à côté de l’AFL (syndicats de métiers), du CIO (Comitee for Industrial Organisation) vasé sur les syndicats d’industrie. Le CIO obtiendra des résultats importants et ses effectifs vont augmenter jusqu’à 3 718 000 membres lors de son premier congrès, en 1937. Le bilan du New Deal en 1939 apparaît mitigé : de 1932 à 1939 la reprise est indéniable et le revenu national a plus que doublé. L’indice de la production a presque doublé et de nombreux travaux ont notablement amélioré l’infrastructure des États-Unis.

Si on compare à 1929, la situation est médiocre, le PNB est à peine supérieur en dollars constants, le chômage reste à un niveau élevé, D’ailleurs, l’économie américaine a progressé moins vite que toute les autres grandes puissances (la France mise à part).

Par-delà ces résultats immédiats, le New Deal a posé les bases d’une nouvelle forme d’organisation de l’économie, forme d’organisation dans laquelle l’État interviendra (en particulier avec l’utilisation systématique des politiques keynésiennes) dans laquelle un minimum de protection sociale est assurée aux citoyens et où les partenaires sociaux négocient collectivement les contrats de travail et les hausses de salaires. Ces nouvelles bases assureront la croissance d’une société de consommation de masse.

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Crédit photo : Megan Jorgensen