Histoire du Québec

François 1er

Le roi François 1er

L’histoire du Québec et du Canada serait incomplète sans toucher au moins d’une façon très brève la biographie du roi François Ier dont le règne est marqué, entre autre événements par la découverte du Canada, en 1534. Voici une exposition succincte de ce que s’est passé durant le règne de ce roi malheureux:

La paix impossible: Le règne de François Ier (1515-1547) est marqué par le conflit permanent avec Charles Quint, mais coïncide aussi avec l’apogée de la Renaissance en France.

La première année de son règne est celle de la victoire de Marignan, contre les Suisses alliés du Pape. Les Suisses doivent signer la «pays perpétuelle » avec la France, et le Pape Léon X, le concordat de Bologne (1516) qui accroît le contrôle du roi de France sur son clergé. Par ailleurs, François Ier traite avec Charles Quint qui vient d’accéder au trône d’Espagne.

La rivalité franco-espagnole

Mais l’hostilité entre les deux royaumes ne va pas tarder à se faire jour. En 1519, François Ier échoue dans sa candidature contre Charles Quint à la succession de Maximilien d’Autriche sur le trône impérial. Charles Quint, nouvel empereur, petit-fils de Charles le Téméraire, rêve de récupérer l’héritage bourguignon et de faire revivre l’idée d’Empire chrétien universel à partir de ses immenses possessions (Espagne, Autriche des Habsbourg, Flandre, Franche-Comté, royaume de Naples et de Sicile, colonies sud-américaines…). François Ier, de son côté, tente de s’allier avec Henri VIII d’Angleterre (entrevue du Camp du Drap d’Or), juin 1520), mais celui-ci choisit l’alliance espagnole (traité de Calais, juillet 1520).

Dans l’année suivante, Charles Quint attaque Mézières, bien défendue par Bayard. En 1524, il chasse les Français du Milanais, et le connétable de Bourbon, trahissant le roi de France, assiège Marseille. François Ier se lance alors dans une désastreuse nouvelle campagne d’Italie, où il est battu et fait prisonnier à Pavie (février 1525). Il doit alors signer le traité de Madrid (1526) par lequel il perd le Milanais et la Bourgogne. Aussitôt libéré, il reprend la guerre (1527), s’allie avec le Pape Clément VII et des princes protestants allemands (1531), et cherche la paix avec l’Empire : il renonce à l’Italie, contre la reconnaissance de ses droits sur la Bourgogne, et il épouse en secondes noces la sœur de Charles Quint, Éléonore d’Autriche.

Mais la paix est de courte durée; à partir de 1526 vont se succéder guerres et trêves: invasion de la Provence par Charles Quint en 1536, puis paix d’Aigues-Mortes (1538); alliance anglo-impériale en 1542, et alliance franco-turque, dont la flotte prend Nice (1543), victoire française de Cérisoles en 1544. La paix va enfin revenir entre la France et l’Empire avec le traité de Crépy en Laonnais (1544), par lequel la France perd la Flandre, l’Artois et la Savoie, mais Charles Quint la Bourgogne.

François Ier meurt en 1547. Son règne coïncida aussi avec le pallier atteint par la croissance économique, qui rendit plus lourdes les exigences fiscales de L’État, destinées à financer l’effort de guerre, les dépenses de la cour, et les fastes de la Renaissance.

Un règne décevant

C’est durant le règne de François Ier que furent créés le port du Havre, une industrie de la soie à Lyon, et qu’eurent lieu les expéditions de Verrazzano le long de la côte est des futurs États-Unis (1524) et de Jacques Cartier au Canada (1534). Mais tout cela est bien peu de chose face aux difficultés créées par la guerre extérieure, les mouvements sociaux liés aux difficultés économiques et les progrès des idées de la Réforme. D’abord tolérant, François Ier change d’attitude après l’affaire des fameux « placards » anticatholiques opposés sur ses appartements d’Ambroise : il crée la Chambre ardente, puis après l’amnistie de l’état de Coucy (1535), il recourt à nouveau à la répression et permet la persécution des vaudois en 1545.

François 1erIllustration : Histoire-du-Quebec