Histoire du Québec

La Régence

La Régence

Un vent de libéralisme (1715-1723)

Soulagés par la fin de l’absolutisme royal et de la guerre extérieure, les Français réapprennent à vivre, et certains d’une façon peu orthodoxe.

Le duc d’Orléans, s’entourant d’une cour de libertins menant grande vie et de conseillers comme Saint-Simon et l’abbé Dubois, prend le contrepied de la politique suivie par Louis XIV : les cours souveraines retrouvent le droit de remontrance, les postes ministériels du gouvernement précédent son remplacés par des Conseils constitués par les membres de la noblesse de robe et d’épée, des traités d’alliance sont signés avec la Hollande et l’Angleterre, (Triple Alliance) puis l’Autriche (1716 – 1718). Face à l’incompétence des nouveaux Conseils, le Régent rétablit les secrétariats d’état (sauf pour les Finances et la Marine (1718). L’année, suivante, la France, alliée à l’Angleterre entre en guerre contre l’Espagne, qui doit se soumettre (1720).

La banqueroute de Law

Cette même année 1720 est celle de l’effondrement du « système de Law », qui constituait une tentative de création de monnaie de banque facilitant le crédit et les échanges, et gagée sur les entreprises publiques et coloniales (Law avait lui-même fondé une banque en 1716, et la Compagnie d’occident en 1717). Il s’agissait à la fois d’attirer les capitaux privés dans l’achat d’actions, pour financer l’extension des activités de la compagnie et celle des grandes manufactures royales, de permettre, grâce aux nouveaux revenus, le remboursement de la dette de l’État, de généraliser l’emploi de nouveaux billets dans le paiement des impôts, et de déboucher sur la création d’une vraie banque d’État stimulant l’économie nationale. Mais l’annonce de dividendes élevés finit par provoquer une hausse du cours des actions et une spéculation effrénée qui se termine par un vent de panique poussant les actionnaires à la vente. Malgré l’interdiction de la détention d’or et l’établissement d’un cours forcé de la nouvelle monnaie, le système s’écroule, de nombreux souscripteurs sont ruinés, le papier-monnaie et la banque désormais rejetés par le public.

Malgré tout, la situation économique tend à s’améliorer grâce à la paix extérieure, au rétablissement agricole et à l’essor du commerce extérieur quand meurent en 1723 le Régent et Dubois.

L’abbé Dubois : Guillaume (1656 – 1723 avait été le précepteur de Philippe d’Orléans : celui-ci devenu Régent lui confie la responsabilité de la politique extérieure avant de le nommer Premier ministre en 1722. Il est également – bien que non prêtre – nommé cardinal en 1721. Son œuvre politique majeure fut de susciter la Triple Alliance.

La succession de Louis XIV

Louis XIV a survécu à ses fils et petit-fils. En 1715, son arrière petit-fils, Louis XV n’a que cinq ans. Détestant son neveu d’Orléans, Louis XIV a alors prévu de confier la régence à un Conseil dirigé par l’un de ses bâtards légitimé, le Duc du Maine. Mais la mort de Louis XIV va donner le pouvoir au Parlement méprisé par le roi et à la grande noblesse écartée des responsabilités, et qui se regroupent autour de Philippe d’Orléans : dès le lendemain de sa mort, le testament politique de Louis XIV est cassé par le Parlement, et le Duc d’Orléans exerce la régence.

rue dauphine québec la régenceLa rue Dauphine à Québec. Crédit photo : Histoire-du-Québec.ca