Histoire du Québec

Rapport Durham et ses conséquences

Rapport Durham et ses conséquences


Une répression forte suit l’échec des rebellions des Patriotes en 1837 et 1838. Cent huit hommes sont traduits devant les tribunaux, douze sont pendus et une soixantaine sont déportés en Australie, la colonie pénitentiaire de la Grande-Bretagne.

Après l’échec des révoltes, les forces conservatrices, principalement incarnées par l’Église, notamment par l’archevêque de Montréal, monseigneur Ignace Bourget, reprennent le dessus. L’archevêque est un ultramontain convaincu (c’est-à-dire, soumis inconditionnellement au Saint-Siège de Rome). L`Église se fait donc un devoir d’anéantir les forces démocratiques éclairées par l’esprit de Voltaire, qui se rassemblent autour de l’Institut canadien de Montréal fondé en 1844. Mgr Bourget aura finalement gain de cause, interdisant l’Institut et en excommuniant leur membres.

Mais il reste la conséquences politique la plus importante des « troubles de 1837-1838 »: celle qu’annonce le rapport Durham en 1839. En effet, au cours de son enquête, face à deux peuples en guerre ou presque au sein d’une même colonie britannique, John George Lambton, lord Durham gouverneur du Canada, cherche une solution politique qui éviterait à tout jamais de nouvelles insurrections au Bas-Canada.

La solution qu’il propose dans son rapport reprend le projet de l’Angleterre conçu en 1822 : il s’agit d’une union du Bas-Canada (Québec) et du Haut-Canada (Ontario), dans le but avoué par Lord Durham d’assimiler les Canadiens français dans le grand tout anglo-saxon. L’anglais deviendrait la seule langue officielle du nouveau pays uni.

Voici le rapport en grandes lignes (d’après Le Rapport Durham, Montréal, TYPO, 1990, p. 229-230) :

« Je n’entretiens aucun doute au sujet du caractère national qui doit être donné au Bas-Canada : ce doit être celui de l’Empire britannique, celui de la majorité de la population de l’Amérique britannique, celui de la grande race qui doit, à une époque prochaine, être prédominante sur tout le continent de l’Amérique du Nord.

Sans opérer le changement ni trop rapidement ni trop rudement pour ne pas froisser les sentiments en ne pas sacrifier le bien-être de la génération actuelle, l’intention première et ferme du gouvernement britannique doit à l’avenir consister à établir dans la province une population anglaise avec les lois et la langue anglaises, et à ne confier le gouvernement de cette province qu’à une assemblée décidément anglaise ».

Le rapport provoque une vague de protestations et lorsque les réformateurs des deux provinces se liguent contre le pouvoir colonial pour constituer la Confédération canadienne, cet événement a une double signification pour le Canada français : d’une part, la création d’un État provincial lui donne droit de regard sur des domaines essentiels, tels que l’éducation, la justice, la culture. D’autre part, la création du Canada confirme la minorisation dans un ensemble politique britannique. En tout cas, le Québec en profite pour rétablir le code civil français, mieux connu sous le nom de code Napoléon.

Rapport Durham panneau nourrir animaux

Panneau sur les animaux

Au Québec, il n’y existe pas aucune discrimination officielle basée sur la langue (panneau sur l’interdiction de nourrir les animaux en deux langues). Photo : © Histoire-du-Québec.ca

Voir aussi sur le rapport Durham :