Histoire du Québec

Après la Bataille - capitulation de Québec

Capitulation de Québec – après la Bataille des Plaines d’Abraham

Voici ce qui s’est passé dans la ville de Québec, alors capitale de la Nouvelle-France, lors de la Bataille des Plaines d’Abraham en septembre 1759.

On sait que le général James Wolfe, commandant de l’armée britannique, perd la vie au cours de cette brève bataille. Il reçoit trois blessures: il est d’abord blessé à une main, qu’il enveloppe d’un tissu pour pouvoir diriger ses troupes, une autre balle le frappe à la poitrine, et une troisième au ventre. Le général meurt avant la fin de la bataille.

Le brigadier général George Townshend prend alors le commandement et organise les troupes pour faire face aux unités françaises du colonel de Bougainville, qui s’approchent du Cap-Rouge. Pendant ce temps, le général Joseph de Montcalm essaie de regrouper ses soldats pour tenir jusqu’à l’arrivée de Bougainville. Mais Montcalm est blessé et on l’emmène à l’intérieur des murs de Québec.

Le commandement français passe ensuite au lieutenant Jean-Baptiste-Nicolas Roch de Ramezay, qui est malade et qui a dû quitter l’Hôpital-Général pour se rendre en ville.

Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France, lui donne l’ordre de capituler dans un ou deux jours si rien ne change. Il laisse dans la ville 2200 soldats, puis Vaudreuil se retire à environ 50 kilomètres de Québec, sans doute pour pouvoir réfléchir calmement à cette délicate situation.

Ramezay est disposé à combattre. Il calcule qu’il lui reste des ravitaillements pour au moins 8 jours. D’ailleurs la ville n’est pas encerclée, il s’attend donc à ce qu’on lui fournisse des vivres. Chaque jour compte, car l’hiver approche, et si les Anglais n’arrivent pas à prendre la ville avant deux ou trois semaines, ils devront se retirer.

Cependant, le 14 septembre 1759, une délégation des habitants de la ville se présente devant le lieutenant de Ramezay et exige la reddition de la cité. Malgré les efforts de Ramezay pour expliquer qu’il est encore possible de résister, les citoyens de Québec déclarent qu’ils ne veulent plus de cette guerre.

De plus, 13 officiers, sur les 14 que Ramezay a rassemblés dans son conseil militaire, lui recommandent de capituler.

Le 17 septembre, le général François de Gaston, chevalier de Lévis, vient de Montréal pour voir Vaudreuil. Après s’être renseigné sur la situation, il recommande le retour des troupes dans la ville de Québec et assure qu’elle ne saurait être prise avant l’hiver. Vaudreuil envoie alors une dépêche à Ramezay pour annuler l’ordre de capituler.

Mais le même jour, une nouvelle délégation des résidents de Québec vient voir Ramezay et insiste pour qu’il prenne la décision de se rendre. Les représentants de la ville sont au courant des instructions de Vaudreuil données 4 jours plus tôt. Ils demandent donc à Ramezay pourquoi il refuse de suivre l’ordre du gouverneur, et ils l’accusent d’insubordination.

Le lieutenant de Ramezay engage alors des négociations avec les Anglais. Pour gagner du temps, il pose 11 conditions pour la capitulation (les armes personnelles ne seront pas remises, les drapeaux resteront dans leurs bataillons, les maisons résidentielles ne seront pas occupées sans l’accord des résidents, etc.). Le général Townshend accepte toutes les conditions. Ramezay exige que chaque article de la capitulation soit relu et signé séparément. À nouveau, Townshend accepte et demande si la procédure de signature peut commencer immédiatement.

Le matin du 18 septembre 1759, Ramezay et Townshend signent la déclaration de capitulation. Le même jour arrivent de nouvelles instructions encourageant Ramezay à poursuivre la défense. C’est trop tard. Les habitants de Québec ont gagné, la ville est tombée aux mains des Anglais.

La majeure partie des troupes anglaises quitte ce qui est encore la Nouvelle-France le 19 octobre.

Capitulation de Québec - ruines de Quebec

Ruines de Québec

Ville de Québec après le bombardement anglais, gravure de Richard Short, officier de l’armée britannique, oeuvre réalisée en 1760 et publiée pour la première fois en 1761. Illustration : domaine public

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