Histoire du Québec

Quadrant et sextant

Quadrant et sextant

Au Moyen Âge, les capitaines expérimentés pratiquaient la navigation hauturière ; elle consistait à faire route cap au nord ou au sud jusqu’à atteindre la latitude souhaitée et vérifiée par les observations astronomiques, puis à venir cap à l’est ou à l’ouest sur le lieu de destination. « Plein sud jusqu’à ce que le beurre fonde, puis plein ouest! » C’est en ces termes qu’on résumera plus tard l’emploi de cette méthode dans le cas d’une navigation d’Europe jusqu’aux Indes occidentales.

Si l’on prend en considération l’état d’incertitude qui résultait des connaissances de l’époque, on comprend que Vasco de Gama, pourtant pourvu de cartes et d’instruments de navigation, se sont tant employé à trouver un pilote connaissant l’océan Indien. On saisit mieux aussi l’importance accordée par les capitaines à l’observation des herbes marines, des débris flottants, des poissons et des vents, seuls indices parfois de la proximité de la terre. Dans ses instructions détaillées, rédigées en 1606 pour son voyage dans le Pacifique, Pero de Queiros souligne l’importance de ces signes. « Si la mer paraît huileuse et que l’on aperçoit des feuilles, de l’herbe, des plantes, des morceaux de bois, des branches et des noix de coco, , entraînés par les vagues loin du rivage ou charriés en mer par les rivières en crue, la terre est proche… Si les oiseaux sont des fous, des canards, des marécas, des mouettes, des siloricos, des sternes, des éperviers, des flamants, c’est que le rivage est tout proche… S’il ne s’agit que de nigauds, il n’est pas nécessaire de redoubler d’attention, car on trouve ces oiseaux loin de terre… Si la couleur de la mer diffère de celle qu’elle prend d’habitude par grands fonds, c’est-à-dire un bleu sombre, la vigilance s’impose et encore davantage, si, la nuit, le bruit de la mer prend une ampleur inhabituelle. »

Lorsqu’un de ces signes laissait croire à un capitaine qu’il approchait de la terre, il naviguait constamment à la sonde. Longue ligne munie à son extrémité d’un plomb, la sonde lui permettait de mesurer des profondeurs allant jusqu’à 200 brasses (350m) et des sondages successifs lui indiquaient si le fond se relevait progressivement au large d’une côte encore sous l’horizon. De surcroît, le suif garnissant un alvéole à la partie inférieure du plomb permettait de déterminer la nature du fond. Tous ces renseignements étaient soigneusement conservés, car ces indications et les croquis des points remarquables de la côte permettaient au navigateur de se retrouver dans des eaux déjà parcourues lors d’un de ses voyages précédents. Par la suite, à partir de ces renseignements rapportés par les navigateurs, on rédigea des livres de pilotage particulièrement nécessaires aux marins approchant d’un port qui leur était inconnu.

Le régime des vents dans les vastes étendues océanes intéressait les marins au premier chef et, et, en la matière, les spécialistes qui ne quittaient pas la terre ne pouvaient leur être d’aucune aide. Il leur fallut découvrir par eux-mêmes que l’océan comprenait des régions diverses, celles des alizés où les vents soufflent avec régularité dans une direction déterminée, celle du pot-au-noir où l’air demeure figé des mois durant. Ils apprirent aussi que ces vents étaient saisonniers et, petit à petit, une carte de ces vents invisibles vint s’ajouter à la carte des îles et des côtes.

quadrant et sextant

Sextant. Moins encombrant et plus précis, le sextant, dont le limbe est un arc de cercle de 60 degrés, date de 1730. Le sextant, New York Nautical Instrument Service Corp.

Quadrant

Quadrant anglais. Ce quadrant anglais du XVIe siècle permettait au navigateur d’étudier et évaluer la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon, mesure indispensable au calcul de sa latitude. Ce quadrant qui devait son nom à la forme du limbe, un quart de siècle portant une graduation en degrés était un instrument moderne en son temps, mais encombrant. L’Octant, tiré du Mariner’s Magazine par Samuel Storing, 1663, National Maritime Museum, Greenwich, Angleterre