Histoire du Québec

Procès Coffin

Le procès Coffin

Trous de balles ou morsures d’ours ?

Le procès de Wilbert Coffin, prospecteur accusé spécifiquement du meurtre de l’un des trois chasseurs américains, tués en juillet de l’an dernier, dans les bois de la péninsule de Gaspésie, entrait hier dans sa onzième journée, à Percé.

Le docteur Jean-Marie Roussel, expert médico-légal de Montréal, a rendu le témoignage le plus intéressant de la journée, en émettant l’opinion que les marques trouvées sur les os du jeune Américain dont le corps avait été dévoré par les ours, avaient bien pu être causées par la friction d’une balle de carabine, mais qu’il était tout aussi possible qu’elles aient été faites par les dents que portent les mâchoires puissantes des ours.

Contre-interrogé par le conseiller de la défense, Raymond Maher, le docteur Roussel a répondu que la conclusion à laquelle il en était venu, que Lindsey avait connu une mort violente, était basée uniquement sur les vêtements trouvés sur le corps.

« En d’autres mots, demanda Maher, vous ne pouvez dire si les rayures sur les os de Richard Lindsey ont été faites par une carabine ou par les dents d’un ours? » « C’est cela », répliqua le docteur. Il affirma aussi que les perforations dans les deux chemises, l’une de laine, l’autre de coton que portait Lindsey, au moment de sa mort, comme l’affirme la couronne, avaient pu être faites par deux balles, provenant peut-être de deux directions différentes et de deux fusils de différents calibres.

Il agréa ensuite à une déclaration de M. Maher, à l’effet qu’on ne pouvait rien conclure sur le calibre de l’arme ou des armes d’où provenaient la ou les balles. Plus tôt, au début du procès, le docteur Roussel, au cours d’un témoignage, avait dit que le meurtre avait pu être commis par une carabine de marque Martin.

William Eagle, de Sunny Bank, avait quant à lui juré qu’il avait prêté une carabine de cette marque, au cours de l’été précédent, au prospecteur Coffin, quelque temps avant la disparition des trois chasseurs.

Il a été, jusqu’à la date, impossible de récupérer l’arme.

(C’est arrivé un 27 juillet 1954 au Québec)

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Photo: Histoire-du-Quebec.ca