Histoire du Québec

Passage du Nord, premières expéditions

Le Passage du Nord, premières expéditions

L’Angleterre a toujours cherché le Passage du Nord

L’Angleterre n’a jamais renoncé à découvrir le “détroit de Magellan” du nord.

Tout d’abord, Sébastien Cabot et son père ont eux-mêmes fait des expéditions au nord du Nouveau-Monde. Ils eurent plusieurs émules plus ou moins audacieux parmi lesquels s’impose la noble figure du capitaine Frobisher.

Celui-ci, confiant dans les mystérieux récits des deux frères Antonio et Nicolo Zeno, commanda trois expéditions successives de 1576 à 1578. Lors de son second voyage, il crut découvrir ce passage tant recherché. De plus, il ramenait une famille d’Esquimaux à titre de spécimens.

La troisième expédition compta quinze navires, contrairement à trois pour le premier voyage, et suscita la plus large espérance.

Cinq ans plus tard, un autre marin entreprit de mener à terme ces recherches courageuses. En 1587, John Davis tentait un ultime effort qui devait le conduire jusqu’à 72°12′ de latitude nord, mais les glaces eurent encore raison de lui. Depuis, les Marchands aventuriers ont, semble-t-il, abandonné tout espoir.

D’autres tentatives faites par le Nord-Est ont abouti à l’hivernement tragique de quinze Hollandais en Nouvelle-Zemble, par 76°7′ Nord. Malgré la mort du chef-pilote, Guillaume Barentz, et d’un marin, sur le chemin du retour, on considère cet hivernage comme une réussite formidable.

Heemskerk, compagnon de Barentz, ramena miraculeusement ses douze compagnons jusqu’à la presqu’île de Kola, le 30 septembre 1597, où se trouvait Jan Cornelius Rijp avec le second navire de l’expédition. L’autre avait fourni les matériaux nécessaires à la construction de l’abri dans lequel les quinze compagnons avaient cherché refuge.

Enfin, vers 1607, Henry Hudson, intéressa la Muscovy Company à ses projets d’exploration au Nord-Est. Il appareilla d’abord de Gravesend, en mai 1607, et se rendit jusqu’à 80° 22′. Les glaces l’obligèrent à rebrousser chemin et à ramener son petit navire monté de douze hommes. En 1608, il se rendit jusqu’à la Nouvelle-Zemble, mais sans plus de succès.

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Rivière Humber dans l’Ontario. Photo : Histoire-du-Quebec.ca.

Temps des brumes

Une fois vaincus les périls de la mer, les navigateurs se heurtaient à la brume qui les cachait les avancées rocheuses ou aux écueils qui leur barraient l’approche de la côte. Faute de moyens sûrs pour déterminer la longitude et la vitesse du navire, les marins risquaient par grosse mer d’être jetés sur des écueils.

En certains points des nouvelles routes qui les menaient vers les terres inexplorées, la navigation s’avérait particulièrement délicate. La côte occidentale de l’Australie, par exemple, devint le cimetière marin des navires hollandais en route pour Java. Les parages du Natal le firent des bâtiments portugais rentrant des Indes. Chaque année, les Espagnols perdaient en Atlantique plusieurs de leurs vaisseaux de commerce qui étaient mauvais manœuvriers. En 1590, une grosse tempête jeta quinze bâtiments sur la côte du Mexique, et, l’année suivante, seize navires se perdirent dans les eaux des Açores.

Temps des brumes

Temps des brumes. Photographie par Elena.

À l’époque, doubler le Cap Horne ou le Cap-Espérance était si hasardeux que le mauvais temps dans ces deux régions retarda longtemps les échanges commerciaux avec l’Asie.

La brume dérouta les premiers navigateurs de l’Atlantique, habitués au ciel pur de la Méditerranée. De plus, la brume interdisait l’observation du soleil et des étoiles. Faisant route pour le goulet de Lumley au Canada, Martin Frobisher se perdit par gros temps, commit une erreur de latitude et fit terre dans les parages de la Baie d’Hudson.

La brume était d’autant plus redoutée qu’on la croyait génératrice de maladies. « Les épaisses ténèbres contagieuses » disait William Shakespeare à son propos, et il exprimait là un sentiment populaire.

Frobisher

Dans les ténèbres de la brume nous nous jetions presque sur les îles et sur les rochers avant de les apercevoir, mais Dieu veillait sur nous et déchirait la brume pour nous permettre de voir (Martin Frobisher, 1578). Illustration : Elena.