Histoire du Québec

Le papier-monnaie

Le papier-monnaie

Les caractéristiques d’une monnaie recherchées par les hommes sont encore plus présentes dans le papier. Effectivement, le papier monnaie est divisible et l’émetteur y inscrit le chiffre voulu. Son transport est plus facile que celui de la monnaie métallique et l’émission peut en être contrôlée. D’ailleurs, son imitation est assez difficile et le papier sur lequel le papier-monnaie est imprimé n’a comme valeur que ce qu’il représente comme pouvoir d’achat.

Ainsi, le passage de la monnaie métallique au papier-monnaie constitue une transition importante dans l’évolution de la forme de la monnaie.

Au fait, ce passage s’est fait en trois étapes :

1. Le papier monnaie convertible : ce papier-monnaie a été garanti en totalité par des réserves d’or ou d’argent. Il s’agit des billets de banque émis par les banques sur réception de dépôts venant de leurs clients. Lorsque une banque recevait un dépôt d’une somme d’or d’un client, elle émettait un papier sur lequel il était inscrit que la banque reconnaissait devoir cette somme au porteur du papier.

Ce papier s’appelle un billet de banque et il vaut un nombre inscrit de pièces d’or ou d’argent. Une quantité donnée de ces billets circule alors dans l’économie et cette somme équivaut au montant des réserves présentes dans cette banque.

Au fait, à l’origine se furent les orfèvres qui reçurent les dépôts en or de leurs clients et jouèrent le rôle des premiers banquiers dans l’économie. Si la banque est acceptée dans l’économie, les agents économiques acceptent aussi de détenir ses billets comme actifs, en étant sûrs que ces billets peuvent être convertis sur demande en pièces d’or.

Ces billets de banque serviront de plus en plus comme moyen d’échange, et tout le monde accepte tout aussi bien les billets pour la valeur qu’ils représentent en pièces d’or que les pièces d’or elles-mêmes.

2. Le papier-monnaie partiellement convertible : Peu à peu la valeur du papier-monnaie devient plus symbolique. D’abord, les besoins en monnaie augmentent dans l’économie à mesure que le niveau de production s’accroît puisque l’importance des échanges et leur nombre s’élèvent.

Alors, les clients des banques recourent de moins en mois à l’utilisation des pièces d’or et ces réserves excèdent les retraits que les clients effectuent. On introduit à partir de là un papier-monnaie partiellement garanti par des réserves d’or. La valeur du papier-monnaie de la banque est désormais encore plus éloignée d’une valeur réelle puisque à la limite une bonne partie de ces billets n’auraient aucune valeur.

S’il a une ruée vers les banques dans un mouvement de panique, une partie des billes de banque pourraient être convertis en or, alors les banques doivent faire preuve de prudence dans la gestion de leurs réserves.

3. Le papier-monnaie fiduciaire : Dans les économies avancées, on crée des banques centrales dont le rôle premier est de contrôler l’offre de monnaie. Par exemple, au Canada, en 1935, on crée la Banque du Canada qui est désormais la seule institution autorisée à émettre du papier-monnaie.

Les billets de la Banque du Canada constituent donc une reconnaissance de dettes de la banque émettrice, mais la banque ne garantit plus d’aucune façon la conversion de ce papier-monnaie en toute autre valeur que la monnaie canadienne. Il s’agit d’une monnaie fiduciaire. Sa valeur ne tient qu’au fait que l’ensemble des agents économiques lui font confiance, même si sa valeur intrinsèque est à toute fins nulle ou presque.

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Bulle de cristal. Illustration: ElenaB.