Histoire du Québec

Navires européens

Les navires européens

Au Xe siècle, les Scandinaves avaient traversé l’Atlantique et débarqué en Amérique du Nord à bord des barques non pontées, ne portant sans doute qu’un mât. Il semble que faute de place dans leur péninsule, ils étaient prêts à courir des risques pour s’implanter sur les terres leur offrant de meilleures conditions de vie…

Dans les eaux de l’océan Indien, on rencontrait aussi les dhaws arabes. Ces voiliers sillonnaient les eaux côtières de la péninsule arabique, de la mer d’Oman, la mer Rouge et longeaient même la côte d’Afrique. Les planches du bordé étaient maintenues par des fibres de cocotier et le dhaw arabe portait une voile latine, à forme triangulaire. On peut apercevoir encore ces embarcations dans ces lieux, mais elles sont impropres à une longue traversée, parce que la fibre de cocotier n’assure pas au bordé la même solidité que des clous. En outre, la manœuvre de la large voile latine exige plus de matelots que celle de la voile carrée européenne et cette particularité revêt une importance considérable lorsqu’il s’agit de longs voyages.

En fait, n’importe quel objet capable de flotter et de porter une voile peut parcourir des distances considérables, mais pour faire de longs voyages d’exploration, il faut avoir des navires tenant bien la mer et des navigateurs qualifiés. Ainsi, les besoins matériels qui motivaient les explorateurs de l’époque de la Renaissance n’auraient pu être satisfaits si l’on n’avait disposé de ces deux moyens.

C’est l’Europe de la Renaissance qui était la seule civilisation maritime les deux atouts et ceci explique pourquoi l’exploration du monde fut l’œuvre des nations européennes riveraines de l’Atlantique.

Vinland

Le Nouveau Monde ou le continent américain était connu des Scandinaves du Xe siècle, si la position de l’île de Vinland (en haut, à gauche) constitue une preuve de l’arrivée des Vikings en Amérique. Cette carte est l’oeuvre d’un moine suisse qui l’aurait dressé vers 1440. Elle a été découverte en 1957 et rendue publique en 1965. La carte porte l’inscription à sa partie supérieure. Cette inscription indique que l’île de Vinland fut découverte par deux voyageurs – Bjarn Herjolfsson et Leif Ericsson (on sait que ces rois vécurent vers 995) qui jugèrent très fertile cette terre couverte de vignes. Le plus septentrional de deux goulets qui s’enfoncent dans l’île, est peut-être la baie d’Hudson. Celui qui est situé plus au sud peut représenter le Saint-Laurent.

Ainsi, guidés par des mobiles commerciaux et non par le souci d’établir une colonie de peuplement, les explorateurs du XVe siècle se devaient d’avoir les moyens de revenir au point de départ, faute de quoi la découverte de nouvelles richesses n’aurait pas eu de sens pour leurs nations, ni pour eux-mêmes.

À l’époque, en d’autres parties du monde, des marins de divers peuples réalisaient, eux-aussi, de remarquables voyages : reliant entre elles les îles du Pacifique ou traversant l’océan Indien, entre les Indes et le Madagascar, de grandes pirogues à balancier effectuaient à la voile de longues traversées. Mais ces embarcations rudimentaires dépendaient d’un vent arrière favorables et de courants connus. Ces pirogues ne pouvaient remonter dans le lit du vent. L’explorateur européen, quant à lui, avait besoin d’un navire capable de naviguer au plus près.

Pourtant, le vaisseau européen était le produit de circonstances particulières et propres à l’Europe. En effet, le continent connaissait deux traditions en matière de production navale : l’une avait engendré le robuste bâtiment de commerce à voiles carrés des côtés nordiques et atlantiques. Grâce à l’autre tradition virent le jour les galères et les voiliers à gréement latin de la Méditerranée. Ensuite, le développement du commerce maritime le long du littoral européen conduisit à la fusion de ces divers types de navires en un bâtiment nouveau qui bénéficiait les qualités des uns et des autres.

Le navire européen avait donc l’avantage de pouvoir se rendre n’importe où de retourner ensuite à son port. Il avait d’ailleurs un autre avantage supplémentaire : il était armé et portait des bouches à feu à l’avant et à l’arrière, ainsi que des canons et bombardes capables de tirer par les sabords percés dans les hautes murailles du bâtiment. Une jonque chinoise avait besoin de nombreux rameurs pour éperonner. Pour prendre un navire à l’abordage, il lui fallait beaucoup de soldats. Par contre, le commandant européen économisait des hommes et livrait le combat à distance où c’étaient les marins qui chargeaient les pièces. Le fait de n’avoir pas besoin d’embarquer des soldats permettait d’économiser les vivres. Bref, très efficace, l’artillerie navale européenne constituait le facteur essentiel, car aucun gouvernement n’aurait financé les explorations, s’il n’avait pas la certitude de pouvoir ensuite contrôler les routes d’acheminement des richesses découvertes.

Voir aussi :

navires eurpeens

Navires modernes. Photo : Histoire du Québec.ca