Histoire du Québec

Mandement au sujet d'un charivari

Mandement au sujet d’un charivari

François, par la grâce de Dieux et du Saint-Siège, premier égêque de Québec.

Ayant été informé qu’en conséquence du mariage célébré dans cette ville de Québec depuis six jours, grand nombre de personnes de l’un et de l’autre sexe se seraient assemblés toutes les nuites sous le nom de charivari et auraient dans leurs désordres et libertés scandaleuses, comme il arrive ordinairement, commis des actions très impies et qui vont à une entière dérision de nos mystères, et des vérités de la Religin chrétienne et des plus saintes cérémonies de l’Église, ce qui nous aurait obligé de recourir au bras séculier pour faire cesser ces sortes d’assemblées, lequel aurait employé son autorité pour les reprimer, nonobstant quoi nous avons appris que non seulement ils continuent, mais encore qu’ils vont augmentant de jour en jour aussi bien que leur impiété, ce qui nous oblige par le devoir de notre charge de joindre l’autorité de l’Église à celle du bras séculier, et de mous opposer de tout motre pouvoir à ces sortes d’impiétés et à de telles assemblées expressément défendues à tous les fidèles de l’un et l’autre sexe. Même par les ordonnances civiles, comme n’y ayant rien de plus préjudiciable à la religion, aux bonnes mœurs, au bien public, et au repos de toutes familles.

Nous pour ces causes et pour apporter un remède convenable à un si grand mal qui ne pourrait avoir que de suites et des conséquences très funestes, faison très expresses inhibitions et défenses à tous fidèles de l’un et l’autre sexe de notre diocèse de se trouver à l’avenir à aucune des dites assemblées qualifiées du nom de charivari, aux pères et aux mères d’y envoyer ou permettre que leurs enfants y aillent, aux maîtres et maîtresses d’y envoyer leurs domestiques, ou permettre volontairement qu’ils y aillent, le tout sur peine d’excommunication.

Et afin que personne n’en prétende cause d’ignorance, nous voulons que notre présente ordonnance soit lue et publiée au prône de l’église paroissiale de Québec et autres lieux de notre diocèse, et affichée à la porte des églises.

Donné à Québec, le 3e juillet mille six cent quatre vingt trois.
François, Évpêque de Québec.

(Source : Mandements des évêques du diocèse de Québec, Tome I, publié à Québec en 1887).

Ordonance sur la célébration du mariage

Afin que les cures soient en état de remedier plus efficacement aux irreverences scandaleuses qui arrivent très souvent dans la célébration des Mariages, nous jugeons à propos de leur ordonner d’avertir les personnes qui voudront se marier qu’ils ont reçu ordre de nous de ne point admettre à la Benediction nuptiale, les personnes qu sexe qui seront immodestement habillées, qui n’auront pas la tête voilée, qui auront le sein découvert, ou seulemet couvert d’une toile transparente. Nous leur ordonnons encore d’empêcher autant qu’ils pourront, qu’il ne se commette aucune impieté, bouffonnerie ou insolence, soit dans l’église, soit en y venant ou en s’en retournant, le jour que l’on coferera ce Sacrement, ou le lendemain des Noces. Elt pour les empêcher efficacement nous voulons qu’ils ayent recours au Bras Séculier, si cela est nécessaire.

Signé : Mgr de Saint-Vallier, Rituel du Diocèse de Québec, 1703.

charivari à montréal

Un charivari à Montréal d’aujourd’hui. Photo d’Histoire-du-Québec.ca.