Histoire du Québec

Lacs du Nord-du-Québec

Lacs du Nord-du-Québec

Lac Taffanel

À 80 km au sud-ouest du réservoir de Caniapiscau s’étend le lac Taffanel qui appartient au territoire de la baie James. Comme le lac Roundeyed situé au nord-ouest, il constitue un élargissement de la Grande Rivière. De configuration très capricieuse, le lac Taffanel a une superficie de 57 km2 et une longueur de quelque 10 km. Attribuée en 1950, cette appellation évoque Jean Cabanac de Taffanel, curé dans le diocèse d’Albi qui, sur recommandation de son oncle le marquis de La Jonquière, alors gouverneur de la Nouvelle-France, et avec l’appui du ministre Rouillé, fut nommé chanoine et doyen du chapitre de Québec en 1749. Assez mal accepté au pays et trouvant les revenus un peu minces, le chanoine décida de rentrer en France en 1752 dès après le décès de son oncle.

Lac Taibi

D’une superficie de 15 km2, ce lac vers lequel convergent plusieurs petits affluents, est un élargissement de la rivière Bell. Poursuivant sa course, la rivière se décharge dans le lac Matagami qui, par la Nottaway, s’écoule en direction de la baie James. Ce toponyme, évoque un chasseur dénommé Taibi que le géologue Robert Bell a connu au Grand lac Victoria et qui lui a servi de guide. Une pointe, située dans la partie nord du lac, porte également le nom de chasseur amérindien. Le lac Taibi est ainsi nommé dans le rapport d’exploration de la rivière Nottaway, publié en 1895. Aujourd’hui, les Algonquins désignent cette nappe d’eau sous le nom de Kâmâgibihâk Sagahigan qui signifie le grand lac.

Lac Savignac

Petite commune de la partie occidentale du département de l’Aveyron, Savignac se situe en banlieue de Villefranche-de-Rouergue, à une soixantaine de de kilomètres à l’ouest de Rodez, préfecture du département ; ce toponyme vient du nom de personne latin Sabinius, avec le suffixe -acum. Du côté québécois, le lac Savignac, élargissement de la rivière de Maurès, s’étend sur plus de 5 km de longueur, au sud du lac Bueil et au sud ouest du lac De l’Épervanche. Il se trouve dans une région du Nord québécois, entre le lac Mistassini, à l’est, et le lac Assinica, au sud-ouest, où les noms de plusieurs plans d’eau honorent la famille Maurès de Malartic.

Dans la section la plus septentrionale de cette région, le lac Savignac, désigné ainsi au milieu du XXe siècle, rappelle le souvenir d’Antoinette-Charlotte de Savignac, épouse d’Hippolyte-Joseph de Maurès de Malartic, comte de Montricoux et officier aux gardes françaises. Son titre de gloire historique est toutefois d’être la mère d’Anne-Joseph-Hippolyte de Maurès, compte de Malartic (1730-1800). Ce dernier, dont le nom servit pour baptiser la rivière de Maurès et le lac du même nom situé au sud-ouest du lac Savignac, de même que le lac, le canton et la ville de Malartic, en Abitibi, fut notamment aide de camps dans l’armée du marquis de Montcalm lors de la guerre de la Conquête (1755-1760), laquelle se termina par la défaite française qui amena la cession du Canada à la Grande-Bretagne. Entre les lacs Sauvignac et De Maurès, se trouve le lac Odon, dont le nom évoque le fondateur de la famille de Malartic au XIIIe siècle.

La toponymie québécoise s’est particulièrement souvenue de cette illustre famille et de la région dont elle est originaire, en baptisant plusieurs nappes d’eau. À l’est du lac Odon et au sud du lac Savignac, le lac Artaud porte le nom du fils d’Odon (son véritable nom aurait été Arnaud), chevalier croisé qui participa au siège de la ville palestinienne de Joppé, aujourd’hui Jaffa, en 1252. Encore à l’est de ce dernier plan d’eau, le lac Armagnac rappelle la région de France d’où sont originaires les Maurès de Malartic. Enfin, à l’extrémité orientale de la zone commémorative, le lac Saint-Urcisse, une des sources de la rivière homonyme, rappelle par son nom le lieu de naissance d’Antoniette-Charlotte de Savignac.

Aujourd’hui, la commune de Saint-Urcisse, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Savignac, se trouve dans le département de Tarn. Le lac Savignac quant à lui se trouve à 25 km du lac Mistassini, un élargissement de la rivière De Maurès.

Lac Tasialujjuaq

Le mot inuit Tasialujjuaq, signifiant le très grand lac, désigne fort justement une importante nappe d’eau du Nord québécois. Long de 64 km, large de plus de 6 km et d’une superficie atteignant presque 162 km2, le lac se situe à 100 km à l’ouest-sud-ouest du village nordique de Kangirsuk. Alimenté par de nombreux lacs innomés, il se décharge dans la rivière Arnaud par la rivière Hamelin. Cet hydronyme paraît sur des documents cartographiques depuis 1969. À cette époque, on écrivait cependant Tasiaalujjuaq. La forme graphique actuelle remonte aux années 1980.

Lac Wachiskw

Ce lac de la municipalité de Baie-James, dans le Nord-du-Québec, situé à quelque 300 km à l’est de Radisson, appartient au bassin de la Grande Rivière. Ses eaux rejoignent le lac de la Corvette par la rivière Kaanaayaasiistikw. De forme irrégulière et échancrée, il mesure 8 km de long et 3.8 km de large. Son nom cri, recueilli lors d’une enquête en 1977, signifie « rat musqué ». La Commission de toponymie l’a officialisé en 1983.

Lac Waconichi

Entourée de nappes d’eau vers le sud, cette étendue d’eau d’environ 35 km de longueur est située à moins de 20 km au nord-est de Chibougami et se jette, par la rivière de même nom, dans la baie du Poste, une extension du lac Mistassini. Elle est incluse dans la réserve faunique des Lacs-Albanel-Mistassini-et-Waconichi. Waconichi est un terme montagnais signifiant montagne de roches effritées. La variante Lake Wahwanichi apparaît en 1901 dans le rapport de l’arpenteur Henry O’Sullivan concernant le territoire situé entre le lac Saint-Jean et la baie James. Elle sera l’une parmi les nombreuses variantes graphiques telles que Wacounipi, Wakonichi, Wakurinitche et Wakwunitche qui apparaîtront par la suite.

Lac Wahemen

Grande nappe d’eau de 53 km2 de superficie, le lac Wahemen constitue l’une des sources de la rivière Eastmain. Situé dans le voisinage des lacs Patamisk, Naococane et Artigny, il s’étend dans le sens est-ouest, se divisant en quatre sections, séparées par de grandes presqu’îles qui créent un nombre infini de longues baies étroites. On ne connaît pas le sens ni le motif d’attribution de ce toponyme, amis il figure dans un rapport d’exploration du géologue Albert Peter Low en 1895. Le lac Waheman se trouve sur le tracé d’une route de canots longtemps fréquentée par les explorateurs.

Lac Thévenet

Le lac Thévenet fait partie du territoire non organisé de Rivière Koksoak, au sud de la baie d’Ungava, dans le Nord-du-Québec. Il est situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Kuujjuaq. D’une superficie de 39 km2, il contient un grand nombre d’îles, de baies et de presqu’îles, formant une surface aux contours très irréguliers. Ce plan d’eau draine le lac Weepniam et le lac Célinas et se déverse par le lac Francine vers la rivière Koksoak. L’appellation, adoptée en 1944, évoque un agent de la compagnie Revillon Frères, un dénommé Thévenet, qui a participé à la fondation du comptoir de Fort-Chimo (Kuujjuaq) au siècle dernier. Cette entreprise française alors installée à Montréal a été partiellement rachetée par la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1936 ; elle toujours à New York et à Paris.

Lac Thiballier

Ce lac, long de 4 km et large de 3 km, est un élargissement de la rivière Assinica. Il est situé entre le lac Boissy et le lac Trépezei dans la municipalité de Baie-James, à quelque 100 km au nord-ouest de Chibougamau. Son nom, adopté vers 1950, évoque la mémoire d’un militaire du nom de Thiballier. Une apostillé du chevalier de Lévis signale, entre autres détails, qu’il fut cadet du roi de Pologne dans la Saxe, en 1743, lieutenant au régiment Royal-Roussillon en 1751 et capitaine, en 1755. Il est jugé « bon officier et zélé pour son métier » et ses mérites lui valurent la croix de Saint-Louis. Une rivière dans le Témiscamingue, à Bellecombe, est désignée sous le nom de Thiballier, en l’honneur de ce même lieutenant.

Lac Villon

Environnée de marais au nord et à l’ouest, cette étendue d’eau située à une centaine de kilomètres à l’ouest du lac Mistassini, se décharge au nord, dans la rivière à la Marte. D’une superficie de près de 18 km2, elle contient plusieurs îles. Désignée sous le nom, graphiquement modifié, de Villon en 1945, le lac rend hommage à Vincent Villou, originaire de la ville de Honfleur et capitaine de La Licorne, navire qui fréquenta les eaux du golfe et du fleuve Saint-Laurent entre 1616 et 1625.  Selon Marcel Trudel, Vincent Villou, maître de navire, se serait trouvé à Terre-Neuve dès 1614. Avant 1945, le lac était connu sous le nom de Lac aux Canards.

Lac Vincelotte

Situé près de la baie James, à 350 km à l’est-nord-est de Radisson dans le Nord-du-Québec, le lac Vincelotte est un plan d’est très important, long de près de 95 km et large jusqu’à 25 km. En 1990, il est en train de constituer un réservoir compris entre le réservoir LG Quatre et celui de Caniapiscaus, dans le complexe hydroélectrique de la Grande-Rivière. On ne connaît pas avec certitude l’origine de son nom, mais il est plausible qu’il s’agisse de celui de Charles-Joseph (Amyot) de Vincelotte. Né et mort à Québec (1665-1735), Vincelotte a été navigateur, lieutenant dans la Marine, commandant de milice et seigneur du fief de Vincelotte, à Cap-Saint-Ignace. Il a participé à quelques expéditions militaires sur les côtes de Terre-Neuve (1703-1704) et celles de la Nouvelle-Angleterre (1706-1707). Ce nom a été accepté par la Commission de géographie du Québec en 1958.

Lac Vanasse

Source principale de la rivière Kovik, dans le nord de la péninsule d’Ungava, ce lac parsemé d’îlots mesure 6 km sur 6 km et couvre 27 km2 de superficie. Son nom a été attribué en 1949 par la Commission de géographie du Québec, en souvenir de Fabien Vanasse, historien, qui se trouvait à bord de l’Arctic lors des expéditions du capitaine Joseph-Elzéar Bernier en 1906-1907, 1908-1909 et 1910-1911. Les Inuits appellent ce lac Atanirtuuq, ce qui signifie vraisemblablement chaîne de raccordements.

Lac Wawa

Le vocable d’origine crie Wawa – pluriel de wawi et qui signifie œufs -, selon le père Joseph-Étienne Guinard désigne une étendue d’eau du Nord-du-Québec, longue d’environ 30 km et large de moins de 5 km. Le lac Wawa se situe immédiatement au nord du réservoir LG Deux, dans lequel il se déverse. Recueilli en 1942 par l’arpenteur J. Carrol, cet hydronyme paraît pour la première fois sur des documents cartographiques en 1946. Les Cris appellent également ce lac Minawan Shakahikan, lac où on ramasse des œufs. Un centre minier ontarien, à 225 k, au nord de Sault-Sainte-Marie, porte le nom de Wawa ; il s’agit d’un mot ojibway signifiant l’oie sauvage, sens que recouvre le montagnais wawaw.

Lac Tésécau

À 75 km au sud du village cri de Némiscau et au nord-est du lac Théodat se trouve le lac Tésécau. Ce lac résulte de l’élargissement du cours inférieur de la rivière à la Marte, tributaire de la rivière Rupert. Il présente sur tout son pourtour des rives escarpées atteignant une altitude de 325 m. Tésécau, francisation du mot montagnais tshissekdu, traduit cette particularité et signifie il y a une falaise. Ce toponyme a paru sur une carte du ministère des Terres et Forêts de 1933. Il a aussi été relevé sous les variantes Tesaycau, Tsheeestaypekatawagan et Tesaykow. Cette dernière a paru dans le Dictionnaire français-montagnais du père Lemoine, en 1901, qui le traduit par c’est une pointe rocheuse, on peut croire que le toponyme était déjà connu de ceux qui fréquentaient cette région, dès le début du siècle.

Lac la Trêve

Baignant le territoire de la municipalité de Baie-James, le lac la Trêve, long de 20 km, chevauche les cantons de Daine, de La Ribourde et de Guettard à 75 km à l’ouest de Chibougamau et à 35 km au nord-est du village cri de Waswanipi. Ce plan d’eau, d’une superficie de 61 km2, renferme deux presqu’îles de 7 km de longueur formant trois grandes baies du nom de Gilbert, Geneviève et Rita. Le lac la Trêve se décharge par la rivière du même nom dans la rivière Maicasagi, à environ 20 km à l’ouest. La rivière Caupichigau au nord, et du ruisseau Huguette au sud. Ce spécifique est relevé sur une carte topographique dès 1928. Sa signification est cependant inconnue.

Lac Troilus

Cette grande nappe d’eau du Nord québécois est située à 40 km à l’ouest du lac Mistassini et à 100 km au nord de Chibougamau. Elle fait partie du territoire adjacent à la Baie James. Aux sources de la rivière Broadback qui se jette dans la baie de Rupert, le lac Troilus reçoit les eaux du lac Frotet, situé immédiatement au sud. De configuration fortement asymétrique, il est parsemé de baies, d’îles et de presqu’îles. Sa superficie est de 52 km2 et sa longueur de 27 km. Son appellation évoque la mémoire de Troilus de La Roche de Mesgouez (vers 1540-1606), vice-roi « ès dites Terres-Neuves ». Son titre de lieutenant général « des pays du Canada, de Terre-Neuve, Labrador et Norembègue », reçu en 1598, lui conférait la propriété du pays et le monopole de la traite. Troilus est le prénom du parrain de La Roche, Troilus de Mondragon, colonel espagnol. C’est en 1945 que la Commission de géographie du Québec a attribué le nom de Troïlus à ce lac, auparavant connu sous le nom de Lake Seven. Cette désignation basée sur un système numéral – il y avait aussi un Lake Five, un Lake Six et un Lake Eight – avait paru sur la carte intitulée Mistassini et publiée en 1943. Les Cris ont attribué des noms à des parties de ce lac, mais non pas à l’ensemble de cette nappe d’eau complexe.

Lacs Village

Ces lacs, au nombre de deux, long chacun de 10 km, se trouvent sur le territoire avoisinant la baie James, 210 km à l’est du village cri d’Eastmain, dans le Nord du Québec. Ils communiquent entre eux et leurs eaux se déversent dans la rivière Eastmain. La première mention connue de leur nom apparaît sur une carte topographique publiée en 1942. La Commission de géographie du Québec a accepté le toponyme Lacs Village en 1945. On n’en connaît cependant pas l’origine.

Lac Ronsard

Ce petit lac de 4 km de long sur 2,4 km de large constitue un élargissement de la Grande Rivière, près de ses sources. Il est situé dans la région de la baie James, à environ 25 km à l’est du lac Nichicun. Une enquête réalisée en 1981 en milieu amérindien a recensé l’appellation d’origine crie Maaskutatihkw Saakahiikan, lac du caribou estropié. Même si on ne peut pas le dater avec précision, le toponyme actuel était inscrit sur une carte en 1950. Il évoque un certain Pierre Ronsard, lequel n’a toutefois pas rien à voir avec le célèbre poète français de la Renaissance. Ce personnage-ci serait né vers 1480; maîte des monnaies de Bourges, il avait été condamné pour fabrication de pièces et altération de monnaies. Roberval ayant obtenu l’autorisation d’embaucher des criminels, il fit libérer Ronsard en 1541, pour l’accompagner au Canada. Ronsard semble avoir joué un rôle important mais infructueux, dans cette expédition, dont l’un des objectifs était de trouver des métaux précieux.

Lac Roundeyed

Sur le parcours de la Grande Rivière, qui termine sa course dans la baie James, ce plan d’eau se trouve immédiatement au sud-est du lac Misèle, dans lequel il se déverse, et à une trentaine de kilomètres au nord du lac Nichicun. Long de 18 km et large de près de 10 km, il possède une superficie de 92 km2 entaillée par une vaste presqu’île et de grandes îles. L’adjectif anglais roundeyed signifie aux yeux ronds. Quoique de forme irrégulière, le lac peut effectivement faire penser à un œil arrondi. On note Roundeyed sur une carte dès 1911. Présent occasionnellement sur certaines cartes, dont une datée de 1942, le nom du lac Roundeyed a été approuvé par la Commission de géographie en 1945.

Lac Nachicapau

Ce grand lac de 52 km de longueur sur 6 km de largeur est situé à 225 km au nord-ouest de Schefferville. Il est alimenté par la rivière Romanet, décharge du lac du même nom. Il se déverse à l’ouest dans le lac Canichico par la rivière Nachicapau, et, de là, dans la rivière Caniapiscau. Au sud, en face de la rivière Romanet, se trouve l’île Pisiminstikw. Nachicapau, du montagnais natshikapu, signifie il s’arrête de marcher, il fait un arrêt. Il est possible que le site de ce lac ait été l’emplacement d’un campement saisonnier durant la période de chasse. Ce toponyme a paru sur une carte en 1952 sous la forme Nachikapau.

Lac Nantais

Long de plus de 78 km, large de 9 km et d’une superficie de 262 km2, ce plan d’eau de la péninsule de l’Ungava, aux contours irréguliers, se trouve à environ 160 km au sud du détroit d’Hudson. Le lac Nantais alimente, plus au sud, la rivière Arpalirtuq et le lac Klotz en passant par le goulet Qurngualuk. Proposée par la Commission de géographie du Canada et approuvée par son équivalent québécois en 1946, cette désignation honorait Isaïe Nantais (1888-1975). D’abord journaliste à Montréal, celui-ci entre, en 1924, au Service de la protection des forêts, organisme nouvellement fondé par le gouvernement du Québec. Après avoir enquêté pour la Commission des opérations forestières, Nantais devient, en 1940, secrétaire de la Commission de géographie du Québec. Il le demeure jusqu’à sa retraite, en 1960. Personnage complexe, allant l’âme d’un poète à l’amateur d’art et à l’amant de la nature, Isaïe Nantais a contribué de façon déterminante à l’avancement de la toponymie au Québec par ses recherches historiques en profondeur et par la promotion de la réalité française de la province auprès des autorités toponymiques fédérales. Bourreau de travail, il a corrigé tout au long de sa carrière les cartes topographiques, notamment celles produites par Ottawa et a contrôlé la véracité de l’origine de très nombreux toponymes, démontrant leur ancienneté dans la grande majorité des cas. À la demande des gouvernements canadien et québécois, il a aussi baptisé les plus importants, principalement dans le Nord du Québec. Enfin, de 1945 à 1955, il a rédigé un dictionnaire manuscrit d’environ 2000 pages sur les lacs du Québec. Le lac Nantais est aussi désigné chez les Inuits sous les appellations Tasivik qui pourrait se traduire par élargissement de la rivière et Qunngualuup Tasinga ou Quurgualuup Tasialunga, lac de la mauvaise rivière. Par ailleurs, une carte géologique de 1953 l’identifie comme étant le Bear Lake.

Lac Naococane

D’une superficie de 398 km2, le lac Naococane est situé dans le Nord québécois, à 225 km au nord-est du lac Mistassini et à égale distance à l’ouest de Fermont. Ses eaux s’écoulent vers le nord-ouest en direction de la Grande Rivière. Long de 26 km et large de 18 km, il est identifié sous le nom de Tchepinégachiou sur la Carte du Domaine en Canada du jésuite Pierre-Michel Laure, de 1731. La forme Neouakoukane apparaît quant à elle sur l’édition de 1733 de la même carte. Elle ne s’applique cependant pas au lac Naoucocane d’aujourd’hui mais plutôt à un cours d’eau se jetant lui même dans un autre reliant le lac Naococane et le lac Nichicun, à proximité de ce dernier. La cartographie contemporaine ne permet toutefois pas de repérer ce cours d’eau. Peut-être ne s’agit en que de celui reliant les deux lacs. C’est probablement de l’erreur d’un cartographe que résulte le fait que le nom soit rattaché à l’entité actuelle. Le Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec (1914) note que ce lac est, d’après Albert Peter Low (1892-1895), une nappe d’eau très vaste, quoique de forme irrégulière et qui est couverte d’îles avec de profondes baies. Paru sous la graphie Naokokan depuis le XIXe siècle, le toponyme s’est vu attribuer l’orthographe actuelle, en 1944, par la Commission de géographie. Il n’existe aucune explication sur l’étymologie de ce mon de lieu amérindien probablement d’origine crie.

Lacs du nord-du-quebec.

Lacs du Nord-du-Québec. Illustration par Megan Jorgensen.