Histoire du Québec

Hydroénergie en Mauricie

De l’énergie à revendre dans la région de la Mauricie

Après avoir mérité les honneurs pour ses pionnier du métal au Québec – c’est notamment ici où l’industrie métallurgique canadienne a été fondée – la région de la Mauricie convoite le titre de berceau de l’hydroélectricité du Québec et du Canada entier : n’est-elle pas l’une des premières régions du Canada à employer cette énergie à des fins industrielles?

Le premier secteur du Saint-Maurice à négocier son potentiel électrique dut celui des chutes de Shawinigan. L’industriel américain John Joyce l’acquiert pour y former, avec ses associés, la Shawinigan Water & Power Co. (SWPC), en 1898. Cette dernière rallie trois compagnies : La Northern Aluminum Co., qui deviendra Alcan, Belgo Pulp and Paper et Canada Carbide Co. Qui procèdent ensemble au démarrage industriel de la région. Entre la fondation, en 1898, et la prise de possession par Hydro-Québec, en 1963, la SWPC met neuf centrales en service sur la rivière Saint-Maurcice : Shawinigan-1 (en 1901), Shawinigan-2 (1911), Grand-Mère (1915), La Gabelle (1924), Rapide-Blanc (1934), La Tuque (1940), Shawinigan-3 (1948), La Trenche (1950) et Beaumont (1958). Toutes hormis Shwinigan-1 demeurent encore en fonction.

Pour avoir aliementé jusqu’à douze centrales, la rivière Saint-Maurice est l’un des cours d’eau les mieux régularisés de l’Amérique du Nord. À Shawinigan, on a décerné deux mentions, Ville Lumière et Cité de l’Électricité, qui soulignent que la ville de Shawinigan est l’une des premières villes du Québec à jouir de l’éclairage public à l’élictricité.

Plusieurs ouvrages hydroélectriques du Saint-Maurice s’imposent, non seulement par leur histoire, mais aussi par la qualité et l’originalité de leur architecture. La centrale de Grand-Mère s’inspire de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi en France. La centrale de la Gabelle affiche le style Art Déco qui fut illustré sur un timbre-poste canadien en 1946. Quant à la centrale Shawinigan-2, c’est l’Ordre des ingénieurs du Canada qui l’a reconnue, en 1987, l’une des 25 plus grandes réalisations du génie canadien des 100 dernières années.

Notons également que parallèlement à son vigoureux profil industriel, l’administration du bassin versant du Saint-Maurice a dévolu à un grand nombre de terres publiques un rôle qui les consacre à la faune, et aux activités récréotourstiques.

(Source: Rivières du Québec, Découverte d’une richesse patrimoniale et naturelle. Par Annie Mercier et Jean-François Hamel. Les éditions de l’Homme, une division du groupe Sogides).

Timbre-poste représentant la Centrale hydroélectrique La Gabelle. Image libre de droits

Timbre-poste représentant la Centrale hydroélectrique La Gabelle. Image libre de droits