Histoire du Québec

Maisons d'édition

Historique des Maisons d’édition au Québec

L’activité des éditeurs s’exerce également dans le roman, une centaine de titres paraissent annuellement. Les auteurs consacrés dans la décennie précédente (Réjean Ducharme, Jacques Poulin, Jacques Godbout, Roch Carrier, etc.) consolident des œuvres qui restent en relation concrète avec la société d’où elles émergent. Les recherches formelles qui ont marqué les années 1960 et le début des années 1970 sont délaissés au profit d’une écriture où s’affirme une nouvelle conscience qui explore l’Amérique, l’histoire, la condition des femmes et le statut des néo-Québécois.

Visions d’Amérique en errance

L’une des premières tendances qui s’affirme dans le roman est le rapport à l’Amérique, plus spécialement aux États-Unis. Il ne s’agit pas ici de l’influence de la littérature américaine, mais de l’entrée dans la littérature québécoise des mythes et des lieux américains. Par exemple, on devine souvent l’ombre de Jack Kerouac (auteur dont les ancêtres étaient canadiens-français, Jack Kerouac – 1922 – 1969 est né à Lowell, Massachusetts. Ses romans Sur la route et Les Clochards célestes ont été à la source de la Beat Generation et s’inspirent de ses nombreux voyages à travers les États-Unis et des diverses expériences qu’il a vécues). Les États-Unis deviennent le cadre romanesque de plusieurs récits où le héros québécois est aux prises avec le contexte américain. Un tel rapprochement n’est pas fortuit; il dénote une volonté de domestiquer des influences et des modèles américains jusque-là tenus à l’écart.

Des romans à succès

Certaines œuvres romanesques sont devenues des best sellers presque instantanément grâce à la thématique qu’elles développaient ou, quelquefois, grâce à une efficace mise en marché. Le Matou d’Yves Beauchemin raconte les péripéties de Monsieur Émile, un jeune déluré montréalais, protégé de Florent et Élise Boissonnault. Rapide succès de librairie, ce roman a donné lieu à une série télévisée, puis à un film. Pour les Filles de Caleb d’Arlette Cousture, roman et série télévisée sont allés de pair. Cette fois, la petite histoire du Québec agroforestier du début du XXe siècle est revisitée à partir d’un point de vue de femmes.

Les trois tomes de Marie La Flamme, écrits par Chrystine Brouillet, nous ramènent au début de la Nouvelle-France à travers les grandes et les petites misères des premières immigrantes.

Présence de la différence

Le succès de ces titres montre bien l’intérêt pour l’histoire oubliée et occultée des petites gens qui ont peuplé le Québec, surtout celle des femmes. L’écriture des femmes, qui avait bouleversé les notions de genres et dénoncé les conditions qui leur étaient dévolues, transforme également le rapport amoureux et, plus largement, la relation problématique entre les sexes. Héros comme héroïnes s’affranchissent de plus en plus des modèles canoniques qui prévalaient dans une société réglée par un ordre catholique sclérosant.

La présence de l’Autre s’est manifestée ces dernières années par l’apparition de ce que certains ont appelé la « littérature migrante ». Ce regard différent sur la réalité québécoise constitue un gage de renouvellement et de richesse pour l’avenir de la littérature d’ici.

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Rue Vieille Université, Québec. Photo : Histoire-du-Québec.ca