Histoire du Québec

Acteurs de l'histoire de la Nouvelle-France

Acteurs de l’histoire de la Nouvelle-France

Les marchands : les marchands français des premiers temps de l’Amérique française viennent des ports français de Rouen et de Saint-Malo. La mode des chapeaux de fourrure (qui durera d’ailleurs longtemps) provoque une forte demande en peaux. La marchandise convoitée aux débuts de la Nouvelle-France est donc la peau de castor, dont la fourrure sert à fabriquer un feutre de qualité. La quête des peaux oblige les colons à quitter les rives du Saint-Laurent.

En règle générale, les marchands qui cherchent à maximiser les profits (ce qui n’est que très logique) négligent deux conditions essentielles rattachées à leur monopole royale de commerce : l’évangélisation des Sauvages (terme très répandu et plutôt neutre à l’époque qui ne constate que le « fait » : ils ne sont pas « civilisés ») et la colonisation. Ces deux conditions, imposés par le roi, sont aux frais des marchands.

D’ailleurs, en interdisant le libre échange, le système de monopole réduit fortement l’activité de traite. À titre d’exemple dirons que la création du monopole fera baisser de vingt à deux le nombre de bateau accostant à Tadoussac chaque année.

Les Amérindiens : La traite de la fourrure amène les marchands à composer avec des acteurs incontournables, les Sauvages (rappelons que leur désignation n’a rien d’insultant à l’époque). À l’arrivée des Européens, environ 250 mille Amérindiens occupent le territoire de la nouvelle possession française. Différents nations amérindiennes peuplent ce territoire et se spécialisent dans la chasse et dans la traite des pelleteries. Ils troquent des peaux contre des marchandises européennes, telles chaudrons, couteaux, couvertures, bijoux, etc.

Les Français, par leur désir de pactiser avec les peuples autochtones, se distinguent des autres colonisateurs de l’Amérique. En effet, les Français ne soumettent pas les Amérindiens par la force, contrairement aux Espagnols, ne les lient pas par des traités d’achat, comme les Anglais le font. Au contraire, ils pactisent, évangélisent, aident les Indiens.

Même si plusieurs parlent que cette attitude digne est une preuve de l’ouverture d’esprit, deux facteur, à notre avis, l’explique : le nombre de colons n’est pas suffisant pour dominer le pays (c’est le cas de l’Espagne, par exemple) et les Français débarquent en pleine guerre entre les Amérindiens ce qui conditionne leur position avantageuse – plusieurs peuples autochtones encouragent les Blancs à s’établir chez eux pour gagner des alliés puissants. En scellant un pacte avec les Hurons ou avec les Montagnais, les Français contractent l’obligation de combattre et de repousser les Iroquois et c’est ainsi que lors des guerres iroquoises les Mohawks, la plus puissante des cinq nations iroquoises, mettront en péril la survie de la Nouvelle France. C’est la Grande Paix de 1701 qui terminera cette confrontation (engendrée en partie par les relations entre les deux grands rivaux européens en Amérique du Nord : l’Angleterre et la France).

Le célèbre récit de la tabagie, raconté par Samuel de Champlain dans son livre intitulé Des Sauvages et publié en 1603 décrit le caractère des relations entre les premiers Français et les Amérindiens. Cependant, comme chez Cartier, l’image de ces peuples différents présentée par Champlain est négative.

C’est plus tard que la perception positive de ces gens qui portent des vêtements bizarres et qui ont des mœurs différentes contribuera à accréditer l’idée du bon sauvage qui marquera grandement le siècle des Lumières.

Les coureurs des bois :Les coureurs des bois (appelés aussi voyageurs ou Indiens blancs parce qu’ils ont adopté le mode de vie amérindien) chassent à l’intérieur des terres et transportent les peaux en canot d’écorce depuis des postes de traite de plus en plus lointaines, à cause de la raréfaction du castor, jusqu’aux comptoirs commerciaux. Les activités des coureurs des bois permettront d’établir de vastes voies de communication et un réseau serré de postes de traite avec les Sauvages. Ce réseau annonce la géographie du Canada d’aujourd’hui et en imprègne les grandes orientations : une poussée vers l’ouest et une barrière commerciale avec le sud qui marquera en grandes lignes la frontière avec la Nouvelle-Angleterre (les États-Unis).

Les missionnaires : Les missionnaires évangélisent, diffusent la foi chrétienne, mais ils accomplissent aussi des missions plutôt pratiques : ils soignent des malades, ils introduisent les notions de l’hygiène, enseignent des métiers, le calcul, de nouvelles technologies, etc. Les missionnaires apprennent les langues autochtones et ainsi servent souvent d’éclaireurs, d’ambassadeurs, d’intermédiaires, facilitant ainsi les relations entre les Blancs et les Amérindiens.

Histoire de la Nouvelle-France : coureurs des bois

Histoire de la Nouvelle-France

Coureurs des bois et Samuel de Champlain. Photo : © Serge Keln

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