Histoire du Québec

Le FLQ

FLQ (Front de libération du Québec)

Le plus connu des groupes extrémistes séparatistes qui ont existé au Québec, c’est le Front de libération du Québec (appelé parfois Front de libération québécois – nom qu’il se donné au départ) ou le FLQ. Créé en 1963, le FLQ était une société secrète marxiste organisée sur un modèle militaire.

Pour le FLQ le Québec pouvait devenir libre par la seule révolution des travailleurs et étudiants opprimés. Cette idée qui n’avait rien d’originel, a été développée dans le manifeste du Front, publié en 1963. (“… l’Indépendance seule ne résoudrait rien. Elle doit à tour prix être complétée par la révolution sociale”).

Afin de placer la situation au Québec sur la scène publique et pour restaurer, soi-disant, “l’honneur de la nation”, le FLQ passe à la violence, dès 1963. Plusieurs banques sont attaquées pour amasser des fonds; des magasins d’articles de sport et des armureries fédérales sont pillées pour se procurer des armes; des chantiers sont dévalisés pour se trouver de la dynamite; des bombes éclatent dans divers bâtiments.

Le FLQ était divisé en cellules, chacune agissant plus ou moins indépendamment les unes des autres. Pour des raisons de sécurité, les membres d’une cellule ne connaissaient ceux des autres cellules que par leurs numéros de code. Dès lors, si un membre était arrêté, il ne pouvait révéler ni les lieux de réunion des autres cellules ni les noms et adresses de leurs membres.

Ainsi, quand des arrestations frappaient une cellule ou même plusieurs d’entre elles, les actions recommençaient grâce à d’autres cellules. Au fil des ans, il y a eut plus d’une dizaine de vagues différentes de terrorisme qui coûtèrent la vie à plusieurs personnes innocentes.

Au printemps, une nouvelle recrudescence de terrorisme a lieu au moment d’une campagne électorale. Les autorités procèdent à plusieurs arrestations et découvrent une grande quantité d’armes (de pistolets), de munitions, de pamphlets appelant à la révolution et de documents mettant en lumière plusieurs projets d’enlèvements. À tort ou à raison, ces découvertes ne sont pas divulguées au public. Dès lors, la plus spectaculaire des actions du FLQ, qui survient en octobre 1970, sera une complète surprise pour les Canadiens.

Le 5 octobre 1970, M. James Richard Cross, conseiller commercial de la Commission commerciale britannique à Montréal, est enlevé de son domicile par des membres du FLQ. Cet enlèvement permettait aux flquistes d’espérer négocier avec les autorités la libération de leurs camarades emprisonnés, d’identifier l’informateur qui avait permis les descentes de police du printemps précédent et d’exiger une rançon de $500 000 en or en échange de la libération de M. Cross. Par ailleurs, le FLQ espérait ainsi faire connaître leurs idées politiques.

De manière à souligner leur détermination, les terroristes enlèvent également, le 9 octobre 1970, Pierre Laporte, ministre du Travail et de l’Immigration. La Crise d’octobre débutait…

Après quelques semaines tendues, la crise s’éteignit. La plupart des membres du FLQ impliqués dans ces enlèvements avaient été arrêtés ou forcés de quitter le pays. Le FLQ lui-même était fort discrédité dans les petits groupes de la population qui l’avaient soutenu.

Quoi qu’il en soit, cette poignée d’extrémistes avait eu un impact considérable et tragique sur le pays : Ils avaient assassiné Pierre Laporte ; il avaient forcé le gouvernement fédéral à imposer l’application de la Loi sur les mesures de guerre, législation d’exception rarement utilisée auparavant et jamais en temps de paix ; ils avaient donné aux extrémistes québécois des deux côtés l’occasion d’exciter les sentiments et de fausser le jugement d’une grande partie du public canadien particulièrement impressionnable.

drapeau flq

FLQ

Drapeau du FLQ

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