Histoire du Québec

L'équipement de l'armée canadienne

Armée canadienne : l’équipement des troupes

«une peau d’ours à chaque soldat!»

(tiré de Toutes petites choses du régime français, par Pierre-George Roy, 1944).

«Sous le régime français, le roi fournissait non seulement l’équipement à chaque officier et soldat en campagne, mais en plus, il habillait et équipait tous les Sauvages qui combattaient pour lui.

C’est l’intendant Bigot, dans son Mémoire de défense soumis à la commission du Châtelet, qui nous donne le détail de l’équipement d’un officier ou soldat en campagne :

“L’officier recevait pour son équipement d’hiver: un capot de Cadix, deux chemises de coton, un gillet de laine, une paire de mitasses de drap, un brayet de drap, un foureau de fusil, une peau de chevreuil, une peau d’ours pour coucher, un bonnet de laine, une couverte de laine de quatre points ; une couverte de berceau pour nippes à mettre dans les souliers, deux paires de souliers tannés par mois, une chaudière couverte, un casse-tête, une hache pour la cabane, un prélart pour cabaner, une livre de tabac par mois, deux couteaux-boucherons, une paire de raquettes, batte-feu, fil, aiguilles, tire-bour, pierres à fusil, sac à halles, etc., etc.”

Les soldats, les miliciens, les domestiques et les Sauvages (guerriers) recevaient le même équipement d’hiver que les officiers. Les seules différences étaient que les capots de soldats étaient en mazamet et qu’ils ne recevaient qu’une peau de loup-marin au lieu d’une peau d’ours. En outre, on donnait un prélart et une chaudière par cinq soldats, au lieu que chaque officier avait droit à une chaudière et à un prélart.

L’équipement d’été ne différait pas beaucoup de celui d’hiver, si ce n’est qu’on en retranchait le gilet de laine et la peau d’ours. Mais par compensation, l’officier, en été, avait droit à un lit de sangle et à une tente avec marquise. Officiers et soldats, comme on le voit, étaient bien traités par le roi. Le malheur était que ces équipements ne parvenaient pas toujours à ceux qui y avaient droit.

Les gardes-magasins étaient chargés de la distribution et, surtout dans les dernières années du régime, la corruption était devenue tellement générale que presque tous les gardes-magasins spéculaient sur les épuisements des pauvres soldats.»

Armée canadienne : soldats chargent leurs fusils

Soldats français, fort Stewart

Un détachement des soldats français chargeant leurs fusils. Photo en couleurs prise par Pierre de Rigaud de Cavagnal, marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France, en 1757. Archives de Histoire-Du-Quebec.ca

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