Histoire du Québec

Début de la dépression

Début de la dépression aux États-Unis

Dès novembre 1929, la crise boursière se traduit par une accentuation de la baisse de la production industrielle. La situation reste pourtant stationnaire jusqu’au printemps 1930, quand la situation se dégrade jusqu’en 1933 avec une dépression sans précédent. La crise boursière a joué sans doute le rôle de détonateur et ses répercussions sur l’activité économique sont difficiles à quantifier.

On évoque en général trois séries d’effets : Un effet psychologique, une perte de confiance qui peut modifier les comportements en terme de production et d’investissement; Des effets de trésorerie dans la mesure où les trésoreries des entreprises et des banques ont été touchées par le krach boursier – certaines ont perdu des sommes importantes et se sont trouvées en situation de faillite; Des effets de richesse : la baisse de la valeur des actions a entraîné un appauvrissement des agents économiques, ce qui se répercute sur leur demande. Tous ces effets récessifs se produisent dans un contexte économique fragile.

En fait, l’économie américaine se trouve dans une situation de surproduction par rapport à la demande et est déjà entrée en récession. La production industrielle, et tout particulièrement celle des biens durables comme l’automobile, a diminué.

Il en est de même pour le logement. Ces deux secteurs qui ont été deux piliers de la croissance économique des années vingt vont en outre être fortement touchés par la raréfaction du crédit, problème qui va s’accentuer à partir de 1931 lorsque une véritable crise financière et bancaire internationale se produit et dure jusqu’en 1933. Aux États-Unis, avant la crise, il existe un grand nombre de petites banques indépendantes (24 000 en 1929) qui se trouvent à la merci de difficultés économiques, en particulier de celles des agriculteurs fortement endettés.

Ces différents éléments, auxquels il convient s’ajouter la dégradation de la situation économique internationale, vont se conjuguer et se renforcer mutuellement et donner lieu à la mise en place d’une spirale déflationniste. Les entreprises, devant la raréfaction des débouchés et des crédits, cherchent à vendre à tout prix leurs produits pour maintenir leur situation, ce qui entraîne une offre importante et une baisse des prix. Les entreprises diminuent aussi la production et l’emploi et arrêtent brutalement les investissements. La baisse de la masse salariale et la chute de l’investissement se traduisent par une nouvelle baisse de la demande qui entraîne une nouvelle baisse des prix et de la production et ainsi de suite…

La situation empire jour à jour…

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Photo : Megan Jorgensen