Histoire du Québec

Les croisades

Les principales croisades

La première croisade

La première croisade, prêchée par le Pape Urbain II, au Concile de Clermont en 1095, suscite un enthousiasme considérable aussi bien parmi les princes qu’au sein du peuple. Le Pape promet l’indulgence plénière (rémission de tous les péchés) et l’expédition constitue à la fois l’occasion d’un pèlerinage et le moyen de s’emparer de nouveaux territoires; mais atteindre la « Jérusalem terrestre » est aussi le premier pas vers la « Jérusalem céleste ».

Alors que les grands seigneurs prennent le temps de s’organiser, une « croisade populaire » conduite par Pierre l’Ermite, Gautier-Sans-Avoir et des barons rhénans traverse l’Europe centrale, pille sur son passage pour se ravitailler et, arrivée en terre turque, se fait écraser. Pendant ce temps, la « croisade des seigneurs », conduite par Godefroy de Bouillon, le duc de Normandie le comte Raymond de Toulouse, rejoint Constantinople. Un accord est passé avec les Byzantins qui ont perdu leurs possessions de l’autre côté du Bosphore, prévoyant qu’en échange de l’aide et du ravitaillement fournis aux croisés ceux-ci restitueront à l’empereur d’Orient les villes reconquises. En fait, après une longue et meurtrière campagne de deux années, marquée en particulier par la difficile prise d’Antioche, les croisés s’emparent de Jérusalem en juillet 1099 et se partagent les territoires conquis : ils fondent les comtés d’Edesse et de Tripoli, la principauté d’Antioche, et après la mort de Godefroy de Bouillon son frère Baudoin fond en 1100 le royaume latin de Jérusalem.

La deuxième croisade (1147-1148)

Provoquée par la prise d’Edesse par les Turcs en 1144, elle est prêchée par saint Bernard. Le roi de France, Louis VIII, et l’empereur d’Allemagne, Conrad III, prennent la route d’Europe centrale et échouent en Syrie.

La troisième croisade (1189-1192)

Elle est menée par Philippe Auguste, Richard Coeur de Lion et Frédéric Barberousse. Il s’agit de reprendre Jérusalem au Sultan Saladin, qui a battu l’armée du roi de Jérusalem Gui de Lusignan et s’est emparé du royaume. Mais Frédéric Barberousse se noie accidentellement, Philippe Auguste préfère rentrer en Occident, et Richard Coeur de Lion, malgré ses victoires, ne peut reconquérir Jérusalem et traite avec Saladin.

La quatrième croisade (1202-1204)

Cette croisade est prêchée en France par Foulque de Neuilly qui doit tenter de rétablir la situation au profit des chrétiens; mais, armée par Venise, cette croisade doit, pour prix de cette aide, prendre Constantinople en lutte contre les Vénitiens et se limite à cette conquête.

La cinquième croisade (1217-1221)

La cinquième croisade (1217-1221), décidée par le Concile de Larran, en 1215, doit reprendre l’objectif initial de la précédente expédition. Elle s’inscrit de plus dans le contexte de l’expansion chrétienne en Espagne, après la victoire décisive de Las Novas de Tolosa en 1212. La croisade tente de s’emparer de l’Égypte après la prise de Damiette (1221), mais l’expédition tourne court et Damiette elle-même est abandonnée.

La sixième croisade (1228-1229)

Menée par l’empereur d’Allemagne Frédéric II, elle se termine pacifiquement : un traité prévoit une paix de dix ans, et Jérusalem, Bethléem et Nazareth sont données aux chrétiens.

La septième croisade (1248-1254)

Cette croisade est provoquée par la reprise de Jérusalem par des musulmans au service de l’Égypte et la défaite de l’armée latine à Gaze (1244). Saint Louis prend la tête de l’expédition contre l’Égypte, s’empare de Damiette (1249), mais est battu à Mansourah, puis fait prisonnier. Il est relâché contre une forte rançon et la restitution de Damiette.

La huitième croisade (1270)

Elle survient à la suite de nouvelles défaites et de la chute d’Anioche (1268). Saint Louis ré-embarque à Aigues-Mortes, mais veut prendre Tunis et meurt devant la ville. D’autres princes chrétiens gagnent cependant la Palestine et obtiennent l’arrêt des combats (1272).

En 1289, après la chute de Tripoli, une autre expédition a lieu; mais elle ne mobilise que peu de chrétiens d’Occident. Saint Jean-d’Acre et Tyr sont prises à leur tour par les musulmans en 1291.

Le seul moyen de chasser un démon est parfois de lui céder (Paule Saint-Onge, écrivaine québécoise). Photographie par Megan Jorgensen.

Le seul moyen de chasser un démon est parfois de lui céder (Paule Saint-Onge, écrivaine québécoise). Photographie par Megan Jorgensen.