Histoire du Québec

Crise économique : causes et effets

La crise économique : causes et effets

La crise boursière américaine éclate le 24 octobre 1929. Une tendance à la vente, et donc à la baisse des cours s’était déjà manifesté la veille, et d’une façon générale avec des hauts et des bas pendant tout le moi d’octobre, mais le 24 octobre, le “jeudi noir” le mouvement devient massif. En quelques heures 12 894 650 titres sont jetés sur le marché et certaines valeurs ne trouvent de preneurs à aucun prix.

D’abord, une intervention des principales banques parvient cependant à limiter la baisse. Pourtant, celle-ci reprend le lundi 28 octobre.

Ce jour-là les cours baissent de près de 13%, – baisse d’une ampleur sans précédent mais moins importante que celle du 19 octobre 1987 où elle a atteint 22,4%. L’indice des valeurs industrielles du New York Times perd 49 points. Le 30 octobre 1929, le mouvement se poursuit et 16 millions de titres sont vendus, l’indice des valeurs industrielles perd 43 points. Tous les gains des douze mois précédents sont ainsi annulés. La baisse va se poursuivre jusqu’en 1932, le niveau atteint est alors inférieur à celui de 1921, quand les cours sont bas à cause de la crise de 1921. Le niveau correspond à la moitié de la valeur de l’indice de 1913.

Comment la crise s’explique-t-elle? Au fait, les causes immédiates et directes ne peuvent être établies avec certitude. On invoque souvent la hausse du taux d’escompte en Grande-Bretagne qui aurait entraîné des départs de capitaux et donc une tendance à la vente, ou la faillite frauduleuse de Hatry en Grande-Bretagne qui aurait ébranlé la confiance du marché financier. Mais pour comprendre les causes plus profondes du retournement, il faut se pencher sur les évaluations économiques et boursières de la période de prospérité après la crise de 1921.

Cette période se traduit par une hausse des profits des entreprises. Il est donc logique que les cours de la bourse de New York augmentent. Pourtant, on voit que cette hausse est absolument disproportionnée. Effectivement, entre 1921 et 1929 la hausse de la production industrielle a atteint environ 50%. Dans le même temps l’indice du cours des actions est multiplié par quatre et atteint 300% de hausse. Nul doute, cette hausse résulte d’un mouvement spéculatif.

Cependant, cette période ne dure pas indéfiniment, l’économie financière décrochant de plus en plus de l’économie réelle. La hausse des profits ne suit plus la hausse des cours et le rendement baisse.

Ainsi, par exemple, la General Motors voit son cours passer de 18 à 92 dollars, mais malgré une hausse des bénéfices, le dividende tombe de 13% à 6%.

Dans le cas de la General Electric, le cours passe de 80 à 403 dollars et le dividende de 7 à 2%. On voit que la situation économique mondiale commence à se dégrader en 1929. Aux États-Unis, la construction de villas de luxe s’est ralentie dès le printemps 1929. La production d’automobiles, après avoir atteint un maximum en mars 1929, est retombée en septembre (de 622 000 à 416 000). L’indice de la production industrielle est à la baisse depuis son maximum en juin.

Dans ce contexte, un retournement du marché est logique et les mécanismes spéculatifs qui ont entraîné la forte hausse expliquent l’importance de la baisse. Tout cela entraîne une réaction en chaîne qui se prolonge car la dépression économique entraîne la poursuite du mouvement. Finalement, la crise boursière se traduit par une accentuation de la baisse de la production industrielle qui commence dès novembre 1929.

jardin_jesus_oratoire

Crédit photo : Histoire-du-Quebec.ca