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Crise financière

Crise financière

La population ne réalise pas l’ampleur de la crise financière

La population ne réalise pas l’ampleur de la crise financière que vivent les gouvernements du Canada et des provinces. Selon M. Gilles Paquet, professeur d’économie à l’Université d’Ottawa, il faudrait un discours à la Churchill pour convaincre les citoyens d’accepter les grands sacrifices qui s’imposent.

En supposant un gel total des dépenses (les hausses des dépenses indexés étant compensées par des baisses ailleurs), le déficit des gouvernements fédéral et provinciaux, qui atteint 60 milliards de dollars, ne baisserait qu’à 30 milliards au bout de trois ans. C’est beaucoup, mais encore trop peu.

Pour éliminer le déficit, il faudrait imposer des coupes dramatiques de 25 à 30% des dépenses. Pour rembourser la dette en dix ans, il faudrait sabrer les dépenses de l’État de moitié.

Imaginez, renvoyer la moitié des fonctionnaires! M. Paquet ne recommande pas une politique aussi aveugle, mais utilise l’exemple pour montrer l’ampleur de la tâche.

À force d’entendre crier au loup, les Québécois finissent par ne plus y croire, même si la bête est maintenant à la porte de la bergerie, affirme M. Paquet.

(La Presse, le 26 avril 1993).

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La crise d’hier est la blague de demain. (Herbert George Wells, écrivain anglais). Photo : © Histoire-du-Quebec.ca