Histoire du Québec

Comment combattre l'alcoolisme

Comment combattre l’alcoolisme

Parmi les grands maux qui affligent l’humanité, l’alcoolisme est le plus avilissant, car lui seul dépend d’une volonté individuelle.

Tandis que la tuberculose ou le choléra ont l’attaque insidieuse; tandis que la guerre (folie de chefs d’État ou nécessité de défense nationale) s’empare brutalement de tous les citoyens faibles quoi qu’ils fassent, l’alcoolisme ne frappe que l’homme qui sciemment et volontairement se livre à un abus. – C’est dire qu’on peut et qu’on doit conjurer un tel fléau et qu’à la misère physique et morale qu’il engendre, il faut opposer des moyens de défense.

Je ne m’attarderai point à décrire les effets trop connus de ce vice qui ses manifestations soient clandestines ou publiques, qu’il se révèle par l’ivresse ou qu’il provienne de l’intoxication lente par l’alcool. Il suffira de noter les troubles graves de l’estomac, des intestins, du coeur, du foie, des reins, de la vessie, l’amaigrissement général ou l’embonpoint abdominal exagéré, les congestions, la phlébite, les cararrhes, les maladies de la peau, les mouvements déréglés, la quasi-certitude de ne point échapper aux conséquence mortelles des épidémies ou des accidents, l’impuissance chez l’homme, les avortements et les parturitions laborieuses pour la femme, le delirium-tremens, le suicide, la folie et la mort hâtive – et cet individu, souvent hébété et crapuleux, qu’est l’alcoolique, les yeux éteints ou troublés par des hallucinations, la bouche puante, ne se contente pas de ruiner sa propre santé; il a une descendance dégénérée; ses enfants sont épileptiques, phtisiques, rachitiques, idiots, quand ils ne meurent pas de méningite; son vice coûteux met sa famille sur la paille; son sens moral avili le laisse aller, sans remords, jusqu’au crime, ou le pousse à la prostitution. Conséquences physiques, morales, sociales, toutes sont intolérables ou odieuses.

Si c’est en Chine que fut distillée la première eau de vie, c’est à un savant chimiste du XIIIe siècle Arnaud de Villeneuve, qu’il faut, paraît-il, attribuer la découverte de la distillation de l’alcool absorbé en France, et ce serait depuis l’an 1920 environ – c’est-à-dire depuis plus de 700 ans, que nous aurions à déplorer les effets de l’alcoolisme. Qu’a-t-on fait pour combattre ces effets? Rien ou presque rien avant ces dernières années. Que doit-on faire? Tout, car le mal s’aggrave d’une façon inquiétante.

Écartons d’abord une équivoque possible. Nous n’entendons parler ici que de l’alcoolisme par les liquides « distillés ». On pourrait sans doute combattre aussi celui, beaucoup moins dangereux, d’ailleurs, qui résulte de l’abus des boissons fermentées : mais ce n’est pas, nous le croyons, du moins, dans l’abstinence qu’il faut aller chercher le remède à l’alcoolisme, prêcher la modération, la tempérance, c’est bien : mais vouloir abolir l’usage du vin, de la bière ou du cidre dans les contrées qui les produisent en abondance, serait une utopie et une erreur de tactique.

Ceci précisé, que devons-nous faire pour atténuer les ravages aujourd’hui accomplis, et pour supprimer le mal dans l’avenir?
Industriellement, l’alcool est un produit de plus en plus utile. À qui en confier la distillation? Par qui faire procéder à la dénaturation? Si l’on veut éviter les fraudes permanentes auxquelles nous ont habitués les bouilleurs de crû, il faut s’en rapport mieux et meilleur marché.

Comme boisson, l’alcool est un poisson de plus en plus violent, puisqu’il est de plus en plus sophistique. Or, en vertu des lois existantes (lois des 21 germinal an XI, 19 juillet 1845, etc.), les pharmaciens, seules, peuvent délivrer des substances dangereuses, et cela sur la prescription d’un médecin ou d’un vétérinaire. Pourquoi l’alcool ne serait-il pas classé parmi les drogues dangereuses que le pharmacien seul pourrait vendre, dans les cas tristement limités où le médecin l’ordonnerait.

Je sais quelle levée de boucliers produirait une telle proposition de loi à la Chambre. Les grands électeurs que sont les « marchands de vin » s’écrieraient avec indignation qu’on porte atteinte à la liberté du commerce et à cent autres principes aussi-sacrés. Il suffirait de leur répondre en dégrèvent entièrement les boissons usuelles (vin, bière, cidre) et les produits, comme le thé et le café, qui sont la contre-parte ou le contre-poison de l’alcool. Les marchands de vin puiseraient ainsi leurs bénéfices à une source plus pure. Les consommateurs y gagneraient à tous les points de vue. On pourrait prétendre que le Trésor en souffrirait : nous verrons plus loin si cette allégation ne doit pas être écartée.

Veut-on admettre l’impossibilité d’une réforme radicale& Il faudrait alors frapper ce produit de droits considérables, imposer aux débitants, des patentes énormes, empêcher les charbonniers, et d’autres encore, de vendre des liqueurs limiter le nombre des cabarets, en prenant pour base de chiffre de la population, réglementer l’heure de leur fermeture sous les peines les plus sévères, interdire l’entrée des établissements où l’on débite de l’alcool aux officiers, aux soldats, aux fonctionnaires, à tous ceux qui, de près ou de loin, dépendent de l’État. Quand les 464,000 débits de France seront réduits au dixième de leur nombre, il y aura, le lundi, moins de soldats à la salle de police, moins d’ouvriers à l’hôpital, moins d’ivrognes obligés de déserter leur atelier ou leur bureau, moins d’aspirants alcooliques. Quand ces débits fermeront l’heure de la sortie des usines, ils n’auront plus, comme clients de l’après-midi, que les flâneurs, les paresseux, les rentiers, et ne causeront plus la ruine, la déchéance, ou la mort d’un nombre, inouï de travailleurs.

Pénalement, on ne peut atteindre, dans l’alcoolisme, que le scandale public; il est donc utile, pour amener un grand nombre d’alcooliques à renoncer à leur funeste habitude de les convaincre des méfaits de l’alcool, et de les inciter, à y échapper.

Des efforts ont été tentés en ce sens. On a fondé des restaurants de tempérance, où se débitent du lait, de la limonade, du chocolat, du thé, du café, parfois de la bière et du vin – il faut les multiplier.

Des patronages et des maisons de repos pour alcooliques ont été créés, et si les expériences ainsi tentées furent peu nombreuses, les résultats obtenus ont été convaincants, il faut installer de nouveaux asiles, de nouvelles colonies (comme il en existe pour les aliénés, et comme on s’emploie à en créer pour les épileptiques.)

Des images ont été placardées, montrant les hideurs de l’alcoolisme; des affiches congrûment libellées ont été apposées sur les murs des villes, et le directeur de l’Assistance publique à Paris, M. Mesureur, s’est grandement honoré en publiant, à plus de 30,000 exemplaires, l’avis motivé de MM. Les docteurs Debove et Faisans. Mais ces tableaux, ces affiches, devraient se trouver devant tous les yeux; le Ministère de l’Intérieur devrait les faire apposer dans toutes les communes de France, ce qui serait d’un plus haut intérêt que l’affichage de la plupart des discours politiques dont l’impression a été ordonnée par la Chambre; on devrait pouvoir les montrer das chaque école, dans chaque mairie, dans les bibliothèques et dans les hôpitaux, à la porte de tout établissement public; ils devraient être reproduits sur les livres de famille, sur les livres de caisse d’épargne, sur les livrets militaires.

Les images ou tableaux devraient être plus réalistes encore, s’il est possible, et les indications de affiches plus détaillées : on y pourrait spécifier, notamment, les éléments qui entrent dans la composition des breuvages offerts aux consommateurs sous les noms d’absinthe, de cognac, de marc, de rhum, de calvados, de champoreau, de mélécassis, de vulnéraire, de vermouth, de vespétro, etc., etc. On pourrait y dénoncer une série de produits découverts dans ces diverses breuvages résultats d’enquêtes ou d’analyses chimiques -, et dont je relève la liste, au hasard de mes lectures dans mes traités spéciaux (notamment dans l’intéressante étude sur l’alcoolisme du docteur Monin).

Orge, siègle, riz, maïs, pomme de terre, résidus des féedleries et des mélasses de betteraves, melon, baies de sureau, carottes, céleris, panais, gentiane, topinambours, cuir neuf râpé, écorce de chêne et de différents arbres, clous de girofle, goudron, cachou pulvérisé, sassafras, fleur de genêt, véronique, réglisse, teinture de vanille, essences de violettes, d’anis, de fenouil, etc., gomme-gutte, éthers acétique, formique et butyrique, acides sulfurique et chlorhydrique, brou de noix, mélasse, savon, glycérine, ammoniaque, poivre, gingembre, piment, pyréthre, alun, ivraie, stramoine, laurier-cerise, essence d’amandes amères, sans compter les traces de plomb, d’étain, de cuivre, de zinc, etc., provenant d’une distillation défectueuse.

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À ce même point de vue, les formations de ligues spéciales (comme la Ligue nationale, l’Union française antialcoolique, etc., les livres et conférences contre l’alcool, les chansons satiriques, les caricatures, sont d’excellents moyens de propagande. Les cours d’adultes, si suivis à Paris, les excursions scientifiques, les réunions artistiques ou littéraires (le dimanche surtout), les sociétés musicales, éloignent les jeunes gens du cabaret et constituent autant de remèdes à encourager contre le mal dont nous souffrons.

Le théâtre peut être également une distraction salutaire, sauf lorsqu’il devient, à la faveur des entr’actes (interminables en France), une occasion nouvelle pour s’intoxiquer par l’alcool. Il aurait une vertu autrement puissante, d’ailleurs, s’il consentait à devenir éducateur.

Tolstoï a composé une moralité intitulé « Le premier distillateur, » qu’à traduite le savant professeur à la Faculté de théologie, M. Bonet-Maury, et que j’ai moi-même transformée en un acte scénique. Nous espérons qu’un directeur intelligent voudra bien le soumettre à l’épreuve du public parisien : nous trouverons, en tous les cas, des fervents de la cause pour le représenter devant des rampes plus modestes, et pour renouveler, contre l’alcoolisme, la manifestation que la plupart d’entre eux ont dirigée contre les massacres de la guerre.

Les peines prévues par notre législation sont ridiculement faibles. Il faut les aggraver, mais en tenant compte de deux éléments que la loi laisse à peu près de côté : l’exemplarité; la guérison du malade (car l’ivrogne habituel est un malade). Il est équitable de punir ce malade volontaire, mais il est élémentaire que la punition soit une leçon de choses pour les autres, et qu’elle devienne pour lui-même un véritable bienfait.

Qu’on le condamne à balayer les rues, comme en certains pays, je n’y vois pas beaucoup d’inconvénients; mais je ne voudrais pas qu’on l’enfermât dans une prison de droit commun, car ce châtiment ne peut être qu’inefficace et dangereux. Je préférerais un autre moyen qui, pour complexe qu’il puisse paraître, rendrait de grands services à la société. À la troisième infraction, au lieu d’enfouir l’ivrogne dans un poste de police ou un « violon » pourvu qu’il y puisse boire son vin, je le ferais photographier (à ses frais) pendant son accès; puis je le maintiendrais, d’une façon quelconque, près de la porte du local « toute grande ouverte », pour que les passants (et les enfants, surtout, qui sont naturellement curieux), puissent contempler, à ce moderne pilori, le vice… Je montrerais sa photographie à l’ivrogne, et la ferais placarder à la porte du poste pendant trois jours. Enfin, je déférerais le délinquant à l’autorité judiciaire, et réclamerais son internement dans un asile spécial.

Cette sorte d’asile servirait à la fois pour les alcooliques pauvres recherchant volontairement la guérison, et pour les ivrognes habituels qui y seraient envoyés par le tribunal. Tandis que les premiers seraient soumis, dans un quartier séparé, aux diverses médications usuelles, ainsi qu’à la cure morale ou à la suggestion hypnotique, les seconds, les condamnés, subiraient un régime ayant pour but de les dégoûter de l’alcool. Plusieurs méthodes pourraient être employées à cet effet; la plus sûre consisterait, sans doute, à assaisonner d’alcool pendant quelques jours, puis à introduire dans de l’alcool, donné aux repas comme boisson, une substance émétique : après quelques vomissements, les malades seraient très certainement sur la voie de la guérison… out tout au moins de la raison; et ils demanderaient peut-être eux-même à rester à l’asile et à passer dans l’autre quartier, le quartier des « volontaires ».

Il est particulièrement répugnant de voir l’exemple du mal venir d’en haut. On ne devrait admettre les alcooliques à aucune chaire de professeur, à aucun poste dans l’administration ou la magistrature, à aucun siège parlementaire même. Aussi bien, du haut en bas de l’échelle hiérarchique, dans un intérêt de santé, de salubrité et de morale publiques, aucune fonction, aucun titre, aucune distinction ne devraient être accordés ou conservés qu’à des personnes tempérantes. Le député, le juge, le médecin, le commissaire de police, l’agent des postes, l’instituteur, tous les employés dépendant de l’État ou placés sous sa surveillance et son contrôle, depuis le directeur de ministère jusqu’au cocher de fiacre, ne devraient être investis d’une part quelconque de monopole ou d’autorité, que si l’alcool ne leur a pas enlevé la faculté de penser et d’agir sainement.Le vin est l’une des substances qui sont le plus sophistiquées, – qu’il soit « alcoolisé » (nous avons vu avec quels produits) – qu’il soit fabriqué » de toutes pièces, avec des raisons secs ou avec des matériaux parfois étranges (champagne obtenu avec du cidre, de la rhubarbe, de la racine de vieux bouleau, etc., – qu’il soit « coloré » avec de la fuchsine, de l’alun, de la litharge, etc.

La fabrication de la bière est aussi l’objet de fraudes multiples; le houblon y est remplacé par le buis, le strychnine, la coque du Levant, l’aloès, l’acide picrique, etc.

Enfin, le cidre est souvent sucré par addition de sels de plomb.

Il faut en finir; cette comédie criminelle n’a que trop duré; messieurs les fabricants-fraudeurs ont les poches assez remplies : qu’on les défère aux tribunaux correctionnels et qu’on jette leurs produits au ruisseau.

Le législateur français a déjà défendu la santé, en même temps que la sécurité et la moralité de l’enfant, contre les agissements et la fréquentation malsaine de certains parents. Mais la déchéance paternelle s’impose dans certains cas d’indignité, ces cas d’indignité ne doivent point se retreindre aux faits prévus par les lois des 21 juillet, 1889 et 19 avril 1898 : on doit les étendre en dehors des hypothèses où les parents sont convaincus d’ivrognerie habituelle, d’inconduite notoire et scandaleuse et mauvais traitement.

Lorsqu’il est avéré que des enfants mineurs issus d’alcooliques offrent des traces pathologiques graves, des signes évidents de dégénérescence, et qu’ils ne reçoivent pas les soins nécessaires à leur état, le parquet, sur la déclaration de toute personne ou d’office, devrait pouvoir commettre deux médecins. Après rapport de ces médecins, le tribunal serait saisi et statuerait, dans la forme habituelle, sur le point de savoir s’il y a lieu d’arracher l’enfant au milieu délétère où il a puisé des germes de mort, et où il resterait entouré de mauvais exemples et de soins maladroits ou suspects. En cas d’affirmative, l’enfant serait envoyé dans l’asile spécial le plus proche : les frais seraient supportés, en tout ou en partie, par les parents, ou, s’ils ‘étaient complètement indigents, par l’État et le département.

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Qu’on ne dise pas que toutes ces réformes et ces créations d’asiles entraîneraient une lourde charge pour la nation. En résulterait-il une augmentation d’impôts que se mal serait plus supportable que l’autre, auquel nous devons les maux que je signalais plus haut. La fortune publique n’en serait point atteinte d’ailleurs, puisque jamais ces dépenses, utiles ne pourraient s’élever au chiffre de millions sortis des poches de l’alcoolique, pour l’achat des « petits verres » nocifs…

Mais nous allons plus loin, et nous prétendons que ces dépenses devraient au lieu de faire l’objet d’impôts nouveaux, être imputés, sur les budgets de la Guerre et de la Marine.

Eh quoi! Sous le prétexte de défense nationale, on fabrique des canons et des cuirassés, qui, demain, deviendront inutilisables à cause des découvertes nouvelles; on convoque des réservistes, des territoriaux, à grands frais, pour les préparer (plutôt mal), à une guerre possible : on se livre à des expériences coûteuses; on organise certaines « grandes manoeuvres » ruineuses et peu concluantes; on modifie les armements, les uniformes, mais on laisse s’affaiblir s’abâtardir la race! On laisse la tuberculose s’infiltrer lentement dans tous les organismes. On abandonne des alcooliques à leur déplorable passion! On ne s’aperçoit pas que, dans trente ans, plu tôt peut-être, si l’on n’y prend garde, il n’y aura pas deux hommes sur dix susceptibles de tenir un fusil, de pointer un canon, de revêtir dignement cet uniforme dont on est si fier.

Tout dernièrement, à une course pédestres organisée entre soldats par un journal de Paris, on s’attendait à voir des gars robustes, bien musclés, supportant gaîment une fatigue un peu excessive. On vit, au contraire, sauf de rares exceptions, des malheureux fourbus éreintés moins encore par la marche déhanchée et ridicule qu’ils avaient adoptée que par les « toniques » alcooliques qu’ils avaient absorbés le long de la route.

A la façon des illuminés qui voudraient bâtir une maison en commençant par la torture, nous fabriquons des armes sans nous préoccuper de ceux qui devront s’en servir. Enfants incorrigibles, nous ne nus souvenons plus de l’expérience de 1870, où nous avions des soldats et pas de chefs : cette fois, nous risquons d’avoir des fusils et des uniformes, mais pas de soldats… ou simplement des fantômes de soldats.

Puisqu’il y a une question de défense nationale engagée, occupons-nous d’éliminer le poison qui nous envahit : recouvrons la santé, l’énergie; combattons les graves atteintes de l’alcoolisme; « soyons forts pour être respectés » – formule qu’on a détournée de son véritable sens, car une armée de son véritable sens, car une armée de dégénérés, ne serait qu’une de déboires et d’humiliations. Et puis, songeons aussi que s’il est sage de se protéger contre la guerre possible, il est nécessaire de préparer les générations pour une lutte plus actuelle et plus inévitable, la lutte quotidienne pour l’existence, le combat contre la maladie et la misère. Songeons qu’il est prudent pour le salut de la patrie, de ne pas laisser le suffrage universel entre les mains homicides du débutant de boissons alcooliques et que, si nous voulons de bonnes lois, un commerce florissant, une industrie prospère, une France grande et puissante, il faut une majorité d’esprits calmes, sages, affranchis de la tyrannie de l’alcool. Pour vieille que soit la maxime reprenons-la, méditons-la, appliquons-la. « Mens sans in corpore sano ». Sans cela, c’est le chaos, c’est l’avilissement, c’est « la fin de la fin », à courte échéance.

Par Stefane-Pol. Texte tiré de la « Revue », publié dans le journal Le Canada, le 5 janvier 1905.

alcoolCrédit photo: Megan Jorgensen