Histoire du Québec

Chemins Craig et Gosford

Chemins Craig et Gosford

Les chemins Craig et Gosford ont changé l’histoire des territoires qui se trouvent à l’est du Québec, près de la frontière américaine. Construits au début du XIXe siècle, ces chemins ont permis d’établir le premier service de diligence entre Québec et Boston. En effet, le manque de voies de communication constituait une entrave au développement du territoire. Ces routes ouvraient les terres de la seigneurie de Beaurivage ainsi que celles des Cantons de l’Est, autrefois isolées, au reste du Bas-Canada. Les terres ont alors été colonisées par des familles provenant d’Écosse, d’Irlande, des États-Unis et d’autres régions du Québec.

Les travaux débutent en 1810 et ce sont 180 soldats de la garnison de Québec qui construisent, en trois mois, un chemin carrossable de plus de 110 kilomètres de long. Ce premier chemin relie Saint-Gilles et Richmond. Il est baptisé du nom de James Henry Craig, gouverneur du Bas-Canada qui est à l’origine de ce projet.

Dix-neuve ans plus tard, en 1829, selon l’analyse d’une commission gouvernementale, le chemin Craig est déjà impraticable en raison des marécages, des débris d’arbres et des pentes abruptes qui parsèment son parcours, aussi le gouvernement fait-il modifier son tracé. Une dizaine d’années plus tard, en 1838, le gouverneur du Bas-Canada, Archibald Acheson, comte de Gosford, obtient des fonds et donne l’autorisation de bâtir un nouveau chemin. Ce chemin contourne les zones les plus difficiles et se prolonge vers Sherbrooke. Il est appelé Gosford et est inauguré en 1843.

Il faut cependant noter que les chemins Craig et Gosford ne sont pas les premiers chemins de la région des Cantons de l’Est. En effet, le premier, long de 15 milles environ (24 kilomètres), a été construit et inauguré le 7 août 1792. Cependant, cette courte voie n’a pas joué de rôle important dans le développement social et économique de la région en raison de son isolement, car elle n’était pas reliée au réseau des voies de communication de la fin du XVIIIe siècle.

Aujourd’hui, il existe un Circuit historique des chemins Craig et Gosford. Il passe par les municipalités de Saint-Jacques-de-Leeds, Saint-Jean-de-Brébeuf, Irlande, Saint-Julien, Kinnear’s Mills, Saint-Ferdinand, Saint-Pierre-Baptiste, Inverness, Sainte-Agathe, Saint-Gilles, Saint-Patrice et Saint-Sylvestre. Il traverse les régions de l’Amiante, de l’Érable et de Lotbinière.

Le circuit suit la voie de la diligence qui est balisée par des panneaux de signalisation. En empruntant cette route, on accède aux lieux panoramiques, aux sites historiques, aux églises patrimoniales, aux ponts couverts ainsi qu’aux musées et théâtres de ce coin du Québec. Au total, au moins 15 centres d’interprétation de l’histoire et du patrimoine des chemins Craig et Gosford s’y trouvent.

De nombreuses haltes et aires de repos sont aménagées le long du circuit. Des panneaux d’interprétation permettent de mieux connaître l’histoire et le patrimoine de ces chemins historiques.

C’est la corporation des chemins Craig et Gosford qui administre et fait la promotion de ces deux circuits.

Aujourd’hui, ce sont les routes 165, 216, 218 et 269 qui empruntent l’ancienne voie de communication connue sous les noms de chemin Craig et chemin Gosford.

Chemins Craig et Gosford - James Henri Craig

Craig James Henri

James Henri Craig, estampe coloriée 1811. Illustration du domaine public pour le texte Chemins Craig et Gosford