Histoire du Québec

Causes de la guerre de Cent Ans

Causes et origines de la guerre de Cent Ans

Problème de succession et rivalité économiques

La disparition précoce des fils de Philippe le Bel amène son petit-fils, roi d’Angleterre, à revendiquer la couronne de France, dans le contexte d’un crise économique et sociale.

À la mort de Philippe le Bel, en novembre 1314, sa succession semble assurée, car il laisse trois fils en âge de régner. La paix extérieure a de plus été consolidée par le mariage de sa fille Isabelle avec Édouard II d’Angleterre.

L’affaire des brus du roi

La fin du règne de Philippe le Bel est marquée par un événement exceptionnel : Marguerite de Bourgogne et Blanche d’Artois, épouses des futurs Louis X et Charles IV, sont les maîtresses des frères d’Aunay, alors que la femme de Philippe V, Jeanne d’Artois, a couvert ces relations extraconjugales. Mis au courant au printemps 1314, Philippe le Bel réagit brutalement : les trois femmes sont arrêtées, et si Jeanne est finalement acquittée, Marguerite meurt dans son cachot de Château-Gaillard l’année suivante, et Blanche reste dix ans en prison avant de mourir cloîtrée à Maubuisson. Quant aux frères d’Aunay, ils sont écorchés vifs, leur sexe est donné aux chiens, et le reste de leur cadavre pendu.

La loi salique

Mais son fils aîné, Louis X le Hutin, ne règne que deux ans (1314 – 1316) et meurt sans héritier mâle; il en est de même de Philippe V le Long (1316-1322) et de Charles IV le Bel (1322-1328). Leur cousin, Philippe de Valois, neveu de Philippe le Bel, se fait alors reconnaître roi, en « inventant » une vieille loi des Francs Saliens qui excluait les femmes de la succession royale : il s’agit en fait d’écarter de la couronne la fille de Louis X, celles de Philippe V, et Isabelle d’Angleterre, ainsi que le fils de celle-ci, Édouard III.

Pourtant, celui-ci se contente de rappeler ses droits, puis reconnaît la légitimité de Philippe VI, en se rendant à Amiens, en juin 1329, prêter hommage au nouveau roi de France pour son fief de Guyenne, comme le prescrit le droit féodal. Le problème semble donc réglé.

Le « coup de force » de Philippe VI n’est cependant pas oublié : Édouard III ne renonce pas à utiliser l’argument d’illégitimité pour renforcer sa position contre les Français. De même, Charles « le Mauvais », qui est le fils de Jeanne de Navarre (fille de Louis X), se pose en prétendant à la couronne de France : il ne doit son exclusion qu’au fait d’être né trop tard (1332) pour que ses partisans puissent faire valoir ses droits à la mort de Charles IV.

En réalité, pour l’un et pour l’autre, il s’agit de trouver un prétexte leur permettant de se poser en victimes du Valois, de justifier ainsi leur rébellion aux yeux du droit féodal et de trouver davantage de partisans. De fait, la « guerre de Cent Ans » débute comme un conflit féodal de plus, ayant de particulier le fait qu’il oppose deux souverains.

Roi de France et d’Angleterre

Le premier acte se joue en 1337, quand Édouard III refuse de répondre à une citation du roi de France à comparaître devant lui. La riposte de Philippe VI ne se fait pas attendre : il prononce la « commise » de son fief d’Aquitaine, c’est-à-dire la confiscation pour manquement aux devoirs d’un vassal envers son suzerain. Édouard réplique en envoyant à Paris l’évêque de Lincoln porter un message à « Philippe de Valois, qui se dit roi de France » Édouard III prend de plus le titre de « roi de France et d’Angleterre ».

L’affront est clair : il constitue une rupture de l’hommage d’Amiens, et signifie qu’Édouard est prêt à en découdre les armes. En fait, depuis plus d’un an, il s’est engagé dans cette voie. Il a fait voter par le Parlement une aide financière pour armer une flotte de guerre; il a expédié des armes de Guyenne et soutenu puis accueilli Robert d’Artois révolté contre le roi de France; il a mis sur pied une politique économique énergique et agressive destinée à créer une vraie industrie textile en Angleterre : interdiction d’exporter la laine anglaise vers les villes flamandes (Bruges, Gand, Ypres, Lille, Arras, Douai) et d’importer du drap étranger, avantages accordés aux ouvriers venant s’installer en Angleterre. Dans le même temps vers le Brabant (Malines et Bruxelles) et gagne le comte de Hainaut à sa cause en devenant son gendre.

Le blocus économique de la Flandre porte ses fruits : le Gantois Jacques Van Artevelde prend la tête de la révolte des villes flamandes durement touchées par le chômage, contre le comte français Lois de Nevers et pour l’alliance avec l’Angleterre; marchands et artisans se retrouvent unis contre le pouvoir politique pro-français (les guerres contre la France ne sont pas oubliées) et pour le retour des laines anglaises. Un accord est signé en décembre 1339, par lequel les Flamands reconnaissent Édouard III comme roi de France, celui-ci déplaçant d’Anvers à Bruges « l’étape des laines et s’engageant à restituer à la Flandre Lille, Douai et Orchies… quand il aurait reconquis ces territoires.

Mais de con côté, Philippe VI ne cherche pas la paix : avant même la saisie de la Guyenne, provocation qui ne peut rester sans réponse, il soutient la révolte écossaise contre Édouard III, et regroupe sa flotte de guerre en Normandie. Il s’allie à Jean l’Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohème, aux comtes de Savoie et de Genève, passe un accord militaire avec Gênes, et surtout, fin 1336, avec le roi Alphonse de Castille. C’est l’amorce d’une double alliance franco-castillane et anglo-argonaise que l’on verra à l’oeuvre durant de longues années.

Conséquence de l’affaire des brus

Louis X se remarie avec Clémence de Hongrie, mais son fils posthume, Jean 1er meurt cinq jours après sa naissance. Jean 1er a une demi-soeur, Jeanne de Navarre, fille de Marguerite de Bourgogne, mais Philippe V, Régent, réussit à se faire reconnaître roi au détriment de sa nièce. À sa mort, Philippe laisse quatre filles. Son frère Charles IV en profite pour prendre à son tour la couronne. Mais six ans après, la question va se reposer, car il mourra sans fils. Ce qui n’aurait pu être qu’un scandale de cour se transforme en affaire d’État et en problème politique majeur.

La succession de Philippe le Bel

Philippe le Bel (1285 – 1314): Louis X le Hutin (1314 – 1316), Philippe V le Long (1316 – 1322), Charles IV (1322 – 1328), Isabelle + Édouard II d’Angleterre (1302 – 1327).

Charles de Valois (le frère de Philippe le Bel): Philippe VI de Valois (1328 – 1350) – Jean II le Bon (1350 -1364); Charles V le Sage (1364 – 1380).

Louis X Le Hutin : Marguerite de Bourgogne – Jeanne de Navarre – Charles le Mauvais.

Clémence de Hongrie – Jean 1er (1316).

Isabelle + Édouard II d’Angleterre: Édouard III (1327-1377) – Édouard le Prince Noir.

La plus haute perfection de la société se trouve dans l’union de l’ordre et de l’anarchie. (Pierre-Joseph Proudhon). Crédit image : Histoire-du-Québec.ca.

La plus haute perfection de la société se trouve dans l’union de l’ordre et de l’anarchie. (Pierre-Joseph Proudhon). Crédit image : Histoire-du-Québec.ca.