Histoire du Québec

Canadiens français dans l'armée canadienne

Les nôtres dans l’armée canadienne

Nous nous plaignons parfois, et ce n’est pas toujours sans raison, que les Canadiens français n’obtiennent pas dans trois services de l’armée canadienne les postes qui leur reviennent de droit. Au début de la guerre, tares étaient nos compatriotes qui s’étaient intéressés depuis vingt ans à la carrière des armes. Cela explique en partie que nous possédions un nombre retreint de militaires cométents, susceptibles de s’imposer aux yeux des autorités.

Depuis un couple d’années, la situation se modifie rapidement à notre avantage. Le gouvernement fédéral du Canada et les chefs militaires ont voulu donner raison à nos justes revendications dans ce domaine. Chacun pourrait citer des cas concrets qui révèlent qu’il n’existe à peu près plus d’ostracisme contre le soldat canadien-français comme tel. C’est la valeur seule qui compte et qui doit compter.

À l’appui de cette opinion, le général McNaughton vient apporter le renfort de son expérience. Il connaît à fond les troupes qui sont sous son commandement en Grande-Bretagne. Au risque de déplaire à certains jingoes invétérés, il n’hésite pas à rendre hommage à nos compatriotes, hommage nullement sollicité et qui exprime la conviction intime du général.

« Évidemment, déclare-t-il, nous ne pouvons créer du jour au lendemain autant d’officiers canadiens-français que nous le souhaiterions, mais leur nombre s’accroit régulièrement dans les postes de commande. J’ai toujours eu à l’esprit cette idée, et j’y tiens fermement d’insérer dans les cadres du commandement un nombre d’officiceers canadiens-français proportionnel à celui des Canadiens français dans l’armée. » Voilà qui est un traitement équitable et dont l’application devrait mettre un terme aux campagnes sournoises de dénigrement à l’égard des autorités militaires.

Pour permette à nos compatriotes de faire leurs chemin dans la hiérarchie, on a même prévu des corus spéciaux où ils ont l’occasion de parfaire leurs connaissances en anglais, ce qui les met sur un pied d’égalité avec leurs camarades anglophones pour accéder à des postes supérieurs. Tout n’est peut-être pas encore parfait, mais l’esprit de ces mesures est excellent et démontre à l’évidence que nous ne sommes pas brimés dans l’armée, qu’au contraire nos compatrioets compétents et consciencieux ont chance de grimper les échelons et de parvenir à des grades supérieurs.

(Journal le Canada, mercredi 27 mai 1942).

Fort Stewart

Fort Stewart sur l’ïle de Sainte-Hélène. Photo d’Histoire-du-Quebec.ca