Histoire du Québec

Le Canada-Uni (1841-1868)

Le Canada-Uni (1841-1868)

Les années 1840-1860

C’est en 1840 que les deux Canadas formant la Province du Canada – le Bas-Canada (le Québec) et le Haut-Canada (l’Ontario) deviennent officiellement le Canada-Uni ou le Province du Canada-Uni. Cette union est légalisée par la Loi de l’Union (Acte d’Union), adoptée en 1840.

Le Haut-Canada et le Bas-Canada seront désormais appelés juridiquement le Canada-Ouest (Ontario, à majorité anglophone) et le Canada-Est (Québec, à majorité francophone). Ça porte à des confusions et la terminologie de Haut-Canada et de Bas-Canada restera dans l’usage populaire au Canada jusqu’à la fin du XIXe siècle.

La ville de Kingston, située en Ontario (rappelons que c’est le Haut-Canada ou le Canada-Ouest) devient la capitale de la Province du Canada-Uni jusqu’en 1843. En 1847, une nouvelle loi fixe Montréal comme nouvelle capitale en raison d’une situation géographique jugée plus favorable pour devenir le siège du gouvernement.

La mise en place de la nouvelle union politique et administrative réjouit un grand nombre de commerçants anglophones, dont l’avenir semble reposer sur le développement de l’axe laurentien. Ces commerçants croient ainsi que la nouvelle union favorisera à leur cause.

En revanche la nouvelle division administrative suscite la colère des Canadiens français en raison de plusieurs dispositions de la Loi de l’Union qui leur paraissent vexatoires. D’ailleurs, les Canadiens français craignent qu’une colonie centralisée ne soit dirigée majoritairement par des anglophones où les Canadiens français seront enfin assimilés.

En effet, avec une population de 650 000 habitants, le Québec (le Canada-Est) comptait 42 députés au Parlement du Canada-Uni, soit le même nombre que l’Ontario (Canada-Ouest) qui avait une population de 450 000 habitants (l’immigration de l’Europe vers le Canada-Ouest devrait combler l’écart démographique). En accordant un nombre identique de représentants parlementaires au Haut-Canada et au Bas-Canada, plus populeux, les autorités britanniques favorisaient la vie politique du Haut-Canada, mais il n’en fut pas ainsi pour les anglophones de Montréal, qui se virent tributaires d’une majorité francophone.

Le Canada-Est (Québec) assumait également les dettes du Canada-Ouest (Ontario), contractées pour creuser des canaux et construire des routes sur le territoire de cette colonie et qui s’élevaient à 1 200 000 louis, une mesure qui parut injuste pour les francophones – la dette du Bas-Canada avant l’union n’était que de 95 000 louis.

Conformément aux recommandations du rapport Durham, qui recommandait l’union politique des deux colonies du Haut-Canada et du Bas-Canada afin de rétablir la paix, assurer une majorité anglaise et loyale, angliciser les Canadiens français et accorder enfin la responsabilité ministérielle, Londres a reconnu la responsabilité du Canada-Est et celle du Canada-Ouest pour leurs affaires internes (notons que lord John Russel, futur secrétaire de la Guerre et des Colonies du Royaume Uni manifesta son désaccord parce qu’il croyait que cette mesure revenait à céder aux revendications des «rebelles» et que le Conseil colonial ne devrait pas être en position de conseiller Sa Majesté).

Par ailleurs, étant donné que la représentation proportionnelle n’avait pas été prévue lors de la fondation de la province du Canada-Uni, l’égalité numérique des députés finit par se révéler défavorable pour le Canada-Ouest, devenu avec les années plus populeux que le Canada-Est. Cette situation provoqua de plus en plus de disputes au Parlement du Canada-Uni.

Les opinions donc s’entendent en faveur d’une confédération des colonies de l’Amérique du Nord britannique. Il s’agit de créer une confédération dans laquelle il y aurait un gouvernement central pour toutes les provinces, lequel s’occuperait des affaires générales et nationales, et un gouvernement pour chacune des provinces, qui s’occuperait des affaires locales.

Le gouvernement de coalition du Canada-Uni se fait inviter en septembre 1864 à Charlottetown (colonie de l’Île-du-Prince-Édouard) à une conférence avec la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve. La coalition réussit à intéresser les provinces maritimes. Les acteurs de la future confédération se réunissent une seconde fois, un mois plus tard, lors de la conférence de Québec. C’est au cours de cette conférence que les négociateurs, qu’on appellera plus tard les «Pères de la Confédération», rédigèrent les «72 résolutions», lesquelles constitueront la base de la future Constitution canadienne.

le Canada-Uni : peres de la confédération

pères de la confédération canadienne

Les «Pères de la Confédération» à la Conférence de Québec de 1864. (Copie d’un tableau de Robert Harris, réalisé en 1883 et détruit en 1916. Fusain et sanguine sur papier vélin, Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa)

Pour en savoir plus  :