Histoire du Québec

Calme à Montréal

Calme à Montréal

Le calme complet a régné à Montréal depuis mercredi soir (le 26 décembre 1924)

On n’a opéré que six arrestations, et encore, pour des motifs très peu graves. – Une seule bagarre s’est produite à un restaurant. – La victime à l’hôpital et l’assailant au poste. – Les pompiers n’ont répondu qu’à sept appels. – Un seul incendie important.

Ceux qui prétendent que Montréal est encore un repaire de bandits et une ville désoeuvreé. Ont certainement tort de pense ainsi, si l’on en juge par les rapports que nous avons obtenus aux quartiers-généraux de la police hier soir.

On est en effet surpris que durant les deux derniers jours, alors que toute notre population célébrait joyeusement la fête de Noël et que partout on constatait une animation inaccoutumée, on n’a enregistré que six arrestations faites pour des motifs d’ailleurs peu graves. Les pompiers eux-mêmes ont rélativement eu peu de travail à faire. Sept alarmes seulement ont été sonnées durant les dernières quarante-huit heures, et quatre de ces appels eurent lieu pour des incendies insignifiants qui ne nécessitèrent que quelques minutes de travail de la part des hommes de la brigade.

Il faudra donc admettre que Montréal est au contraire une ville très calme, presque exemplaire. Les autorités sont satisfaites de ce beau résultat qui démontre la bonne volonté du public et le désir de chacun de vivre dans la meilleure harmonie possible.

Noël a été célébré partout. Chez les riches comme chez les pauvres, ches les grands comme chez les petits et les humbles. Dans les restaurants, on constatait une grande activité, sans compter que dans la plupart des familles, le traditionnel Réveillon a donné lieu aussi, à des fêtes très joyeuses.

Mais à un seul endroit il fallut rétablir l’ordre, et c’est au restaurant Acme, 144, rue Sainte-Catherine-Est, ou un jeune homme, Alexandre Guay, 27 ans, domicilié à Saint-Léondard-de-Port-Maurice, fut frappé d’un coup de couteau, au dessus de l’oreille droite, par un individu du nom de Valenti. Celui-ci a été écroué au poste, ce matin, devant le magistrat de police, sous l’accusation d’assaut grave.

Cette bagarre s’est produite vers 10 heures 45, mercredi soir, et fut le résultat d’une discussion. Guay, la victime, se trouvait au restaurant Acme, en compagnie de ses deux frères, quand Valenti fit son apparition dans le même établissement. Quelques minutes plus tard une discussion s’engagea entre les deux hommes, et tout-à-coup, Velnti se rua sur Guay qu’il frappa d’un coup de couteau au-dessus de l’oreille droite.

Les deux frères de la victime sautèrent à leur tour sur l’assaillant, qu’ils purent maîtriser jusqu’à l’arrivée des constables Charland et Labelle, du poste No 4, dirigés sur les lieux par le sergent Julien, après que ce dernier eut été averti de l’affaire. Valenti fut immédiatement conduit au poste, pendant que Guay était transporté à l’hôpital Général, ou les médecins nous informent que son état n’inspire aucune crainte.

Quelques minutes plus tard, les détectives Tremblay et Gauthier, dépéchés à leur tour sur les lieux, ouvrirent une enquête sur cette affaire.

Montréal sur St. Dizier

Rue St-Dizier. Photo : Histoire-du-Quebec.ca.

Un incendie

Comme nous le disons plus haut, les incendies enregistrés depuis deux jours, n’étaient d’aucune gravité, en général. Hier soir, vers 10 heures, les pompiers furent appelés à la demeure de M. H. Marcoux, 458 rue Saint-André, pour éteindre un commencement d’incendi causé par ce que l’on croit être un court circuit. On avait préparé un arbre de Noël, éclairé au moyen de lumières électriques. On suppose que lorsque le court-circuit se produisit, le feu prit aux boiseries, et que les flammes originèrent de cette façon. Il ne fallut que quelques minutes aux pompiers pour éteindre le feu. Les dommages sont très minimes.

Un autre incendie s’est aussi déclaré à la résidence de M. W. Tardy Thornton, 344 rue Kensington, Westmount. Les flammes prirent naissance dans la cave, on ne sait trop comment, puis elles se communiquèrent à l’étage supérieur, par le puits d’un ascenseur. Le feu dura plus d’une heure. Vers 8.45 hrs., les flammes étaient sous contrôle.

Il faut donc conclure encore une fois, que tout a été calme dans la métrople depuis mercredi. Nos policiers ont pu se reposer quelque peu sans être ennuyés, de même que les membres de la brigade des incendies. Le publci n’a pas été ennuyé non plus, et ceci est tout à l’honneur de notre grande ville.