Histoire du Québec

Bataille des plaines d'Abraham

La bataille des plaines d’Abraham

Après avoir tenté diverses manœuvres pour s’emparer de la capitale de la Nouvelle-France, le général Wolfe, dont l’armée assiège la ville de Québec depuis juin 1759, lance en désespoir de cause une opération risquée, soit un débarquement à l’anse au Foulon.

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, quatre mille cinq cents soldats britanniques escaladent la falaise et prennent position sur les plaines…

La surprise est complète chez les Français.

La célèbre bataille des plaines d’Abraham opposant les armées françaises et britanniques, où se joua le sort de la Nouvelle-France a été de très courte durée.

Le général Montcalm, qui s’est retranché à Beauport pour prévenir une attaque de ce côté, peut compter sur une armée de treize mille hommes pour défendre la capitale. Toutefois, à la nouvelle du débarquement des troupes de Wolfe, le commandant des troupes françaises se précipite à leur rencontre avec quatre mille cinq cents soldats réguliers et deux mille miliciens et Amérindiens.

Flanquées par ces tireurs, les colonnes françaises se déploient sur les plaines d’Abraham, à l’endroit où l’on trouve aujourd’hui les tours Martello, Quant aux soldats de Wolfe, ils s’alignent à la hauteur de l’emplacement du Musée du Québec.

Plutôt que d’attendre la charge des Britanniques, Montcalm se porte à l’attaque, mais cette décision s’avère fatale. L’armée française est mise en déroute en vingt minutes. Environ 650 hommes sont tués ou blessés dans chacun des camps et les deux commandants figurent parmi les morts.

Plaines d’Abraham

Situées dans le sud-ouest de la ville de Québec, les plaines d’Abraham se confondent, dans l’esprit des gens, avec le parc des Champs-de-Bataille, aménagé en 1908, à l’occasion des fêtes qui marquèrent le tricentenaire de la fondation de la ville de Québec. Ce parc occupe une bande de terre d’une centaine de hectares de superficie dominant le fleu le long de la falaise et s’étend principalement à l’ouest de la Citadelle sur 2 km de longueur. La confusion qui n’est pas sans fondment, s’expliquer notamment par le fait que les plaines d’Abraham contrairement au parc, n’ont jamais été l’objet d’une délimitation précise.

Le nom des plaines provient du prénom d’un des pionnieers de Québec, Abraham Martin, dit l’Écossais (1589-1664). pilote du Saint-Laurent et pêcheur en haute mer. En 1663, il possédait une terre nommée Claire-Fontaine dans la partie haute de la ville – une rue de Québec qui conduisait à cette ancienne terre a pris ce nom – acquise en deux étapes (1635 et 1645) et vendue en 1675 aux Ursulines par Charles-Amador Martin, prêtre, fils du pilote. Recouvrant le cœur du territoire du quartier Saint-Jean-Baptiste, elle se localisait sur le bord du coteau Sainte-Geneviève et, de ce lit, était éloignée d’environ 500 m du parc des Champs-de-Bataille actuel. Ce toponyme a d’abord paru sous la forme Hauteurs d’Abraham, en juillet 1759, dans Relations de Mr. Poulariès envoyée à Mr le marquis de Montcalm. Le militaire note : La nuit du 18 au 19 juillet, ils firent passer quatre navires au-dessus de la ville, ce qui nous fit craindre pour cette partie; on envoya des détachements sur les hauteurs d’Abraham jusqu’au cap Rouge, craignant pour la communication de nos vivres. Poulariés utilisait donc simplement le générique Hauteurs de façon descriptive, comme il le faisait pour désigner les hauteurs de Beauport dans le même rapport.

Le toponyme Hauteurs d’Abraham – noté avec un générique pluriel – se voit également à l’ouest des remparts sur le Plan de la ville de Québec et de ses environs en 1759 et, avec un générique singulier, sur une carte de l’ingénieur en chef Patrick Mackellar, en 1760, le titre de sa carte comportant Heights of Abraham. Cette variante anglaise est employée aussi le 3 décembre 1759 par John Knox, capitaine d’un régiment anglais, de même que par un autre officier nommé John Montresor. Hauteur d’Abraham se retrouvera encore sous la plume de l’écrivain Henry David Thoreau, essayiste américain. La plus ancienne attestation connue du toponyme remonte au 13 septembre 1759 et se présente sous la forme anglais Plains of Abraham dans The Siege of Quebec and the campaigns in North America, du capitaine John Knox.

Jean-Baptiste Duberger notera lui aussi le toponyme sous la forme anglaise en 1808 et Joseph Bouchette utilisera la forme française Plaines d’Abraham en 1815. Par la suite, au XIXe siècle, on trouvera les deux formes, selon l’origine linguistique des cartographes ou des écrivains, sauf exception. Le toponyme Plaines d’Abraham est d’autant plus important qu’il identifie le théâtre de la bataille qui a opposé les armées française et britannique le 13 septembre 1759 et marqué le début de l’étape finale du Régime français en Nouvelle-France.

Contrairement à l’opinion commune,véhiculée justement par l’identification approximative du site des plaines d’Abraham avec celui du parc des Champs-de-Bataille, l’essentiel de l’engagement du 13 septembre 1759 s’est déroulé dans la paryoe nord-ouest du plateau, vers l’avenue De Salaberry et les avenues Cartier et Bourlamaque, à mi-chemin entre l’ancienne terre d’Abraham Martin et le cœur du parc des Champs-de-Bataille. Quoi qu’il en soit, c’est l’ensemble du plateau, situé au sud-ouest du coteau Sainte-Geneviève qui fut cartographie ainsi après 1760. Toutefois, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, sous la poussée du lotissement, l’espace identifié par le toponyme s’est rétréci jusqu’à désigner, à la fin du XIXe siècle, l’ancienne piste de course semi-circulaire située devant le musée du Québec. Environ un siècle s’est écoulé entre la mort d’Abraham Martin et l’usage cartographié de son prénom – phénomène assez rare en toponymie – pour nommer ce site majeur. La notoriété de personnage, son prénom biblique peu courant et l’existence d’une Rüs d’Abraham (1734) qui joignait sa terre à la Grande Allée – au niveau de l’actuelle rue D’Artigny – constituent des éléments à la source de cette désignation d’origine populaire, précédant d’un certain nombre d’années, impossible à préciser, l’usage cartographique.

Source : La capitale, lieu du pouvoir. La commission de la capitale nationale du Québec, les publications du Québec. Québec, 1997.

Montcalm et Wolfe

Monument à Wolfe et Montcalm. Photographie de Histoire-du-Quebec.ca.