Histoire du Québec

Aide aux jeunes médecins

Québec aide les jeunes médecins

Le gouvernement Godbout modifie la loi de la profession médicale de façon à diminuer la durée des études à quatre ans – Des cours d’été donnés durant les vacances des étudiants

Québec, 13 juillet 1942 (Du correspondant parlementaire du Canada) – Le chapitre 60 des “Statuts de Québec, 6 George VI” a pour titre “Loi pour faciliter les études médicales en temps de guerre” et pour auteur, M. le docteur C.-A. Kirkland, député de Jacques-Cartier, qui a présenté cette mesure à la demande du gouvernement de l’honorable Adélard Godbout.

C’est encore une loi destinée à aider la jeunesse.

La “Loi concernant la profession médicale et la chirurgie” décrète ce qui suit :

“Tout étudiant en médecine, en chirurgie et en obstétrique, admis à l’étude après le 1er janvier 1910, doit suivre durant cinq années des cours de médecine, de chirurgie et d’obstétrique dans une université de la province, et les matières suivantes font l’objet de ces cours (lu public lira avec intérêt ce programme des études médicales dans nos universités, qui est véritablement complet):

“Chimie théorique et pratique et toxicologie ;
“Anatomie descriptive ;
“ Dissection ou anatomie pratique ;
“Physiologie générale et spéciale ;
“Électricité médicale théorique et pratique ; physiothérapie ;
“Histologie noramle et pathologique ;
“Pathologie générale ;
“Hygiène” ;
“Matière médicale, pharmacologie théorique et pratique ;
“Thérapeutique clinique ;
“Obstétrique théorique et pratique ;
“Pathologie interne” ;
“Pathologie externe” ;
“Pédiatrie théorique et clinique” ;
“Médecine légale, médecine mentale, maladies nerveuses” ;
“Cliniques chirurgicales dans un hôpital d’au moins 50 lits”;
“Cliniques médicales dans un hôpital d’au moins 50 lits”;
“Cliniques d’obstétrique dans une maternité affiliée ou reconnue par une université”;
“Médecine opératoire et petite chirurgie”;
“Opthalmologie, otologie, rhino-laryngologie, théorique et clininique”;
“Histoire de la médecine”;
“Déontologie médicale”;
“Dermatologie et syphilographie, théorique et pratique”;
“Bactériologie théorique et pratique”;
“Biologie”.

Pendant la guerre, l’Armée a besoin d’un grand nombre de médecins. D’après les autorités du Corps Royal de Médecine Canadien, d’ici à la fin de l’année 1942, il faudra que 600 médecins entrent dans l’Armée pour assurer les services médicaux.

“C’est un problème qui ne povait être résolu que par la coopération du gouvernement de la province avec les facultés de médecine et les universités. Le gouvernement Godbout, soucieux de l’avenir de la jeunesse, a offert son entière coopération”.

Pour résoudre le problème, c’est-à-dire augmenter le plus rapidement possible le nombre de médecins, il fallait tout d’abord réduire la durée des études de la médecine, que la loi fixe à cinq années. D’un autre côté, les étudiants ne doivent pas recevoir une formation inférieure en temps de guerre, à une époque où, s’ils servent dans l’armée ou dans le civil, ils doivent avoir étudié avec plus de soin que jamais les matières qui font l’objet des cours.

Les universités de la province ont donc décidé de répartir sur une période de quatre ans les études médicales qui duraient cinq ans. Pour cela, on a tout simplement institué des cours d’été. Les vacances des étudiants en médecine sont supprimées et, en quatre étés, ils peuvent faire la cinquième année qui est enlevée à la durée de leurs études.

Le gouvernement Godbout a légalisé ce changement et fait adopter une Loi qui modifie la loi concernant la profession médicale et la chirurgie en réduisant à quatre années les études de la médecine.

La nouvelle loi ne sera en vigueur que pendant la durée de la guerre.

Lorsque jeune homme a obtenu son diplôme de docteur en médecine, après quatre années d’études, s’il offre ses services au corps royal de médecine canadien, son doctorat lui confère le grade de lieutenant dans l’Armée.

Après trois mois de services, il est promu capitaine (“acting-captain”) et reçoit la solde de ce rang.

Les traitements des officiers médicaux sont les suivants : médecin-lieutenant, $5 par jour ; médecin-capitaine, $7.50 par jour; médecin-major, $8.75 par jour; médecin-lieutenant-colonel, $10 par jour.

Si l’officier-médecin est marié et père de famille, il reçoit en plus une allocation pour sa femme, qui augmente avec son temps de service, et une allocation pour ses enfants.

Le docteur en médecine, dans l’armée, peut servir comme médecin régimentaire, médecin dans les hôpitaux ordinaires, médecin dans les établissements permanents au Canada ; médecin d’ambulance de campagne ; médecin aux quartiers-généraux au Canada ou sur les théâtres des hostilités.

Grâce à la nouvelle loi du gouvernement Godbout, les cours de médecine recommencent le 15 juillet dans les universités et les portes du Corps médican de l’armée sont ouvertes à tous les jeunes médecins qui pourront faire en quatre ans les études qui étaient réparties sur cinq années.

Un grand nombre de nos jeunes étudiants en médecine profiteront dès cette année des avantages de cette loi puisque les étudiants de quatrième année pourront obtenir, d’ici à la fin de 1942, le doctorat qui ne devair leur être conféré qu’en juin 1943.

La nouvelle loi permettra aux universités de la province de Québec de coopérer à l’effort de guerre canadien et de former plus rapidement des médecins pour rempalcer ceux qui sont déjà dans l’armée.

Journal Le Canada 14 juillet 1942.

Rue des Ursuilines

La rue des Ursulines et la rue de Saint-Jean à Trois-Rivières. Photographie : Histoire du Québec.ca