Histoire du Québec

À l'aube de l'insurrection de 1837

À l’aube de l’insurrection de 1837

Depuis sa formation au mois d’août 1837, l’Association des Fils de la Liberté convoque régulièrement des assemblées. Mais celle du 6 novembre 1837 a attiré une attention particulière. Ce jour-là, une rencontre mémorable eut lieu entre les «constitutionnels», membres du Doric Club, et les Fils de la Liberté.

Depuis l’annonce d’une assemblée «ordinaire» pour le lundi suivant, la rumeur de possibles répressions s’est répandue.

À l’aube du 6 novembre, la ville de Montréal est recouverte d’affiches appelant «… les Loyaux habitants de Montréal» à se rendre sur la Place d’Armes afin d’«étouffer la rébellion au berceau». Parmi les opposants à la tenue de cette assemblée se trouve le Doric Club.

L’assemblée a lieu dans la cour d’une auberge, au coin des rues Notre-Dame et Saint-Jacques. Environ mille personnes y prennent part et les principaux orateurs sont André Ouimet, président des Fils de la Liberté, A. Girod, T-S Brown, E O’Callaghan, député du Parti patriote, et Rodier, qui fait un discours. L.-J. Papineau est absent.

Vers quinze heures, un groupe de vingt ou trente jeunes lance des cailloux en direction de l’assemblée. Une heure plus tard, la réunion se termine et la majorité des Fils de la Liberté rentrent chez eux par la rue Notre-Dame.

Mais, en rentrant chez lui, M.Brown est attaqué à coups de gourdin. Il perd l’usage d’un œil. André Ouimet est pour sa part blessé au genou. Cependant, jugeant qu’ils ne sont pas en mesure de se défendre, les Fils de la Liberté rentrent chez eux.

C’est alors que des membres du Doric Club défile sur la rue Dorchester et s’en prennent à la maison du Dr Gauvin. Le groupe vole des fusils et des sabres. Ils lancent des pierres sur la maison du second de T.-S. Brown, Joshua Bell.

Les tories du Doric Club s’en prennent ensuite à la maison de M. Papineau. Puis ils se dirigent vers les ateliers du Vindicator, qui était le seul journal de langue anglaise appuyant les revendications des Patriotes.

Les ateliers et bureaux du Vindicator étaient protégés par de solides portes, mais les manifestants lancent des pierres et se servent de pavés comme béliers. Une fois à l’intérieur, ils détruisent le matériel d’imprimerie et en jettent une partie par les fenêtres. Ensuite, ils pénètrent dans le bureau du directeur, s’approprient des livres et divers papiers.

Les journaux anglais de Québec et de Montréal jetèrent le blâme sur les Fils de la Liberté qui, la veille, avaient tenu une réunion dans les bureaux du journal. Quelques journaux annoncèrent aussi que les assaillants étaient les Fils de la Liberté.

La Minerve, organe des patriotes, déclare le lendemain: «Si la brutale et lâche agression, si le vol et la rapine, si la violation du droit sacré de propriété, si enfin les actes les plus dégoûtants sont ce que le Mercury (un des journaux de langue anglaise qui avait accusé les Fils de la Liberté) appelle avantages, à la bonne heure, il peut se vanter de les posséder, lui et son parti, car ils sont très propres à relever l’éclat de leur gloire. Nous leur cédons volontiers ces avantages».

L’agression ne fit que retarder de quelques jours la publication du Vindicator, La Minerve ayant mis ses ateliers à la disposition du directeur du journal anglais.

Soulignons que le Doric Club a surtout attaqué des anglophones, comme Brown, Bell, Nelson et O’Callaghan, qui était le rédacteur en chef du Vindicator.

Suite à ces troubles, les autorités émettent des mandats d’arrêts, qui déclencheront de nouveaux combats.. L’insurrection de 1837 est ainsi une réalité.

Insurrection de 1837 Papineau

Louis-Joseph Papineau, le géant

Louis-Joseph Papineau. Photo pour le billet Insurrection de 1837 par © Serge Keln

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